Côte d’Ivoire / Nouvelle constitution / L’opposition s’embrouille : Affi désavoué au sein de l’opposition
L’adage dit que l’union fait la force. Mais dans sa démarche de contestation systématique contre le processus d’élaboration de la nouvelle constitution, on ne peut pas dire l’union règne au sein de l’opposition ivoirienne. A la réalité, l’opposition reste fortement divisée quant au choix des voies et moyens de contestation envisagés par le « chef » de l’opposition. En effet, Pascal Affi N’guessan qui préconise des manifestations violentes de rue pour s’opposer à la nouvelle constitution, n’est pas tout à fait suivi sur cette voie. Certains partis de l’opposition ont déjà pris leur distance vis-à-vis d’un tel projet. Ainsi,
s’inquiétant de la proportion que prend le débat sur l’élaboration de la nouvelle constitution, le Parti Africain Contre l’injustice (PACI) met sévèrement en garde, Pascal Affi n’Guessan et la coalition réunie de l’Alliance des Forces Démocratiques (AFD), sur d’éventuels troubles qui pourraient subvenir dans le pays, après l’annonce par ces derniers, des manifestations contre le projet constitutionnel. Comme il peut transparaître dans une déclaration de son secrétaire exécutif. « Depuis l'annonce de la révision constitutionnelle et la rencontre d'une frange de la classe politique avec le chef de l'Etat, le débat sur la révision constitutionnelle prend une tournure inquiétante. Chacun y va de son interprétation et pis, profère des menaces d'insurrection. Le même Affi N’guessan qui menace la sûreté de l'Etat, le jour, négocie l'arrivée de ses amis exilés, la nuit auprès du pouvoir », a condamné Samouka Diabaté. En conséquence, le PACI veut réagir. « Face à cette situation et devant l'histoire, le Parti Africain Contre l'injustice prendra toutes ses responsabilités et n'acceptera pas que des gens qui n'ont rien construit viennent détruire ce qui est en train d'être fait. Les investisseurs recommencent à réinvestir dans notre pays. La confiance renaît petit à petit même si les signaux sociaux sont encore au rouge ».
En réalité, Samouka Diabaté croit connaître les vraies motivations de l’opposition conduite par le président du Front populaire ivoirien (FPI). « En quoi une révision constitutionnelle peut-elle poser problème si on est sûr que le peuple s'y opposera dans l'urne ? C'est justement le manque d'assurance qui fait trembler et qui fait jaser cette frange de la classe politique de notre pays ».
Au total, pour le PACI, il y a bel et bien une raison de réviser la constitution votée à 86% en juillet 2000, parce que selon ce mouvement qui se réclame de gauche, l’article 35 causerait problème. C’est pourquoi, il est même prêt à accompagner le projet du chef de l’Etat, Alassane Ouattara.
« L'article 35 de notre constitution est source à polémique et pour cela il faut y faire des réglages. Le PACI accompagnera le processus de la révision constitutionnelle jusqu'à son terme parce que, nous estimons que cette révision est juste. Nous saluons le comité d’experts en charge de statuer sur cette révision de la constitution. Il montre un bel exemple de patriotisme », estime l’ex-membre fondateur du FPI. Le comité d’expert formé par le président ivoirien rencontre depuis quelque temps les forces vives de la nation dans le cadre de la réécriture de la constitution ivoirienne. Au cours d’une rencontre, à Daoukro mardi dernier, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié, a affirmé devant le directoire du Rassemblement des Houhpuëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) son soutien à ce projet et être en phase avec le chef de l’Etat ivoirien.
A.K.





