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Depuis la formation du dernier Gouvernement, la polémique autour du Parti unifié s’est amplifiée. La guerre larvée que se livrent les héritiers de Félix Houphouët -Boigny s’est exacerbée. Au point que, en lieu et place du dialogue fraternel que tout le monde attendait, on assiste à des menaces, chantage et autres invectives qui ne font pas honneur à ceux qui se réclament de celui qu’on appelait l’apôtre de la paix, le Sage de Yamoussoukro. Lundi dernier, à l’Assemblée générale constitutive du parti unifié, cette tension entre le Pdci-Rda et le Rdr était palpable. Certains cadres issus du plus vieux parti de Côte d’Ivoire étaient présents dans la salle du Sofitel hôtel Ivoire où a eu lieu la cérémonie, bravant ainsi la consigne de leur parti qui leur interdisait d’y aller. Tandis que d’autres y étaient en tant que « observateurs au titre du président Bédié » ou « observateurs au nom des institutions de la République ». Tout ceci, parce que lors de la formation du dernier Gouvernement, le président Henri Konan Bédié s’est senti humilié. Contrairement aux autres fois, il n’a pas été consulté,  encore moins informé pour l’entrée des cadres issus du Pdci au Gouvernement. Par la faute de certains militants du Pdci-Rda, carriéristes qui pensent qu’être ministre est un métier. Être ministre n’est pas un métier. Les ministres issus du Pdci doivent ensemble se déplacer à Daoukro pour demander pardon à Bédié. De son côté, le président Alassane Ouattara, face aux hésitations du Pdci-Rda et du président Bédié, ne pouvait pas laisser la Côte d’Ivoire sans Gouvernement sur une longue période. D’où la formation de l’équipe Gon II sans prendre avis auprès de son aîné, le président Henri Konan Bédié. En tout état de cause, dans cette affaire, nous pouvons dire que le président Bédié a raison mais le président Ouattara n’a pas tort. Car, l’un se sent humilié et l’autre veut montrer que c’est lui qui dirige le pays. Cependant, rien n’est encore tard. La grande famille des Houphouétistes peut toujours se ressouder. Il suffit que les deux chefs se retrouvent et renouent le dialogue, tout en consentant à des sacrifices de part et d’autre, pour préserver notre beau pays des tragédies que nous avons déjà vécues et qu’aucun Ivoirien ne veut revivre. Les présidents Bédié et Ouattara ont la responsabilité historique de maintenir la Côte d’Ivoire dans la stabilité et la paix. Il leur appartient, en tant que héritiers de Félix Houphouët-Boigny de trouver la formule idoine pour faire du Rhdp cette formidable machine qui a permis à la Côte d’Ivoire de renouer avec la paix et le progrès. Car leur union est la garantie de la stabilité vis-à-vis des investisseurs.

Paulin Allomo

Ancien Député de Bouaflé