Côte d’Ivoire / Procès en Assises : Simone Gbagbo ne se reconnait pas dans la disparition de la mort de Kieffer
La parole était à la défense de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire dans le cadre du procès en Assises ouverte contre elle. Simone Gbagbo a été interrogée ce mardi par « ses » avocats qui ont essayé de soigner son image déjà ternie face aux nombreux crimes mis à sa charge pendant que son époux était au pouvoir, notamment la disparition du journaliste Guy André Kieffer, les escadrons de la mort, le charnier de Yopougon. Pour tous ces faits, l’épouse de Laurent Gbagbo a soutenu ne pas s’y reconnaître.
Simone Gbagbo a rappelé à la cour présidée par le juge Bouatchi Kouadio qu’elle n’est mêlée ni de près ni de loin à ces affaires.
« Comment appréciez-vous le matraquage qui est fait autour de vous quant à la disparition de Guy André Kieffer », a demandé maître Dako à l’accusée.
«J’ai reçu ceci avec une grande injustice. J’ai entendu parler de Kieffer lorsqu’il a été tué. Je ne le connaissais pas et je ne l’ai jamais vu jusqu’à ce qu’on m’accuse d’avoir commandité sa disparition », a répondu Simone Gbagbo.
« Que pouvez-vous du charnier de Yopougon », a poursuivi l’avocat.
L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire a affirmé à la barre qu’elle a reçu cette information avec étonnement et tristesse. «Avec ce discours biaisé, on n’a pas réussi à faire la lumière sur ces personnes, » a-t-elle précisé.
« Avez-vous connaissance des escadrons de la mort? », a ajouté l’avocat.
En réponse à cette question, l’ex- député d’Abobo a soutenu que la première fois qu’elle a entendu parler d’escadrons de la mort, elle était en Italie avec son époux. «Je n’ai pas programmé un coup d’Etat pourquoi, vais-je monter un escadron de la mort », s’est justifiée l’accusée.
Simone Gbagbo reste pourtant convaincue que les escadrons de la mort n’ont jamais existé, mais que c’était une campagne menée pour salir le nom de son époux et de son entourage.
«Quand Gbagbo est venu au pouvoir, sa présence n’a pas été appréciée. Il fallait le noircir. C’est le processus. Il fallait noircir le Président Gbagbo au maximum et son entourage », a déclaré l’ex-Première dame. Toujours sur la disparition de Kieffer, maître Rodrigue Dadjé a demandé à l’accusée si elle a été entendue par la justice française parce qu’elle serait la commanditaire.
« Non », rétorque, Simone Gbagbo en poursuivant que ce n’est pas normal mais c’est compréhensible.
A.K. avec koaci





