Côte d’Ivoire / Remaniement ministériel : Ce qui ‘’bloque’’ Ouattara
Ce n’est que partie remise. C’est ce qu’il y a lieu de dire par rapport au remaniement ministériel qui devrait survenir juste après le mois du jeûne musulman. Selon notre source, des détails sont en train d’être réglés pour permettre au N° 1 Ivoirien de vivre un après remaniement sans accrocs…moral. Mais une chose est sûre, c’est que ce remaniement aura bel et bien lieu dans un future proche. Raison pour laquelle il continue d’alimenter les échanges en guidant même les reflexes. De sources proches du gouvernement Ivoirien, des collaborateurs de Ouattara ont entrepris de faire leurs bagages privés, parce qu’ils ont déduit ne pouvoir échapper à la bourrasque qui s’annonce. Décriés par le peuple depuis quelques mois à la faveur de certains événements, ces ministres savent que leur maintien relèvera du miracle. Certains ont aussi déduit qu’ils ne resteraient pas, parce que le Président ne répondrait plus avec la même ardeur sympathique à leurs nombreux actes de sympathie souventes fois inutiles et encombrants. La dernière catégorie concerne ceux qui savent que personne ne verrait d’un mauvais œil leur départ à cause de leur ancienneté gouvernementale qui les a sclérosés et leur a enlevé tout esprit d’innovation et ingéniosité à même d’entraîner le résultat attendu. Ils sont tous accrochés à Alassane Ouattara décidé à s’offrir l’équipe gouvernementale capable de lui permettre une sortie très honorable de la vie politique officielle de son pays.
Une porte de sortie pour les amis des 1ères heures
Le prochain gouvernement entraînera un départ massif de ministres de tous les bords dont certains amis des premières heures d’Alassane Ouattara. Surtout ceux qui pensaient exemptés de résultats à cause de leur proximité régionale, politique et même religieuse avec le chef de l’exécutif Ivoirien. Pour avoir partagé les années de braises du Président ivoiriens, d’autres encore ne pouvaient en aucun cas imaginer celui-ci se séparer d’eux. Il y a aussi ces ministres qui n’admettaient pas qu’il puisse exister une vie après le gouvernement et qui considéraient leur remplacement comme une humiliation. Revenus à la raison depuis que leurs noms alimentent de mauvaise manière les échanges depuis quelques mois, ceux-ci se savent désormais partant de l’équipe gouvernementale. Mais pour d’autres raisons qui lui sont propres dont cette légendaire bonté qui l’a toujours caractérisé, Ouattara est en train de modeler des portes de sortie honorables à même de permettre à ceux-là de se faire voir sur les écrans de la télévision nationale tout en demeurant dans le subconscient de leurs contemporains, et c’est qui retarde aussi la publication du nouveau gouvernement souhaité par les Ivoiriens depuis des mois. Il y a aussi le cas des leaders de partis politiques membres du gouvernement dont un s’est inquiété de leur avenir s’ils sortaient du gouvernement. Il faut à ces derniers un après gouvernement qui ne sonne pas comme une déchéance morale et financière. Pour leur permettre de demeurer à la tête de leurs partis respectifs et au sein de la coalition des houphouëtistes, le cadet du ‘’Sphinx’’ va leur trouver une alternative appropriée à la circonstance. Parce que et c’est sûr, le président Ouattara ne veut plus de chef de parti politique, membre de son prochain gouvernement.
Le Sénat comme solution
Alors qu’il a le droit de s’offrir le gouvernement de son choix, Ouattara est quelque peu moralement bloqué. Il se trouve devant un dilemme. Comment éjecter les chefs de partis politiques de l’équipe gouvernementale et réussir à garder un RHDP fort et puissant avec des partis politiques membres aussi forts ? Quand on sait qu’un chef de parti qui n’est pas ministre, chef d’institution ou qui n’occupe pas une fonction étatique officielle n’a pas d’autorité ni d’emprise sur ses « camarades ». Cette contingence pourrait trouver solution à travers la création du Sénat qui s’affiche comme la solution au dilemme du Président qui doit procéder à des changements sans créer des sentiments assimilables par certains à la frustration. Suite à son adoption par les députés, la reforme constitutionnelle sera très certainement votée selon le souhait du Président Ouattara, ce qui consacrera l’existence officielle du Sénat Ivoirien. Ce qui pourrait constituer un point de chute honorable qui leur permettra à ces sortis de continuer à jouer leur rôle aussi bien dans l’alliance que dans la vie politique en Côte d’Ivoire. C’est aussi pour toutes ces raisons que la nouvelle constitution doit voir le jour avant la fin de l’année.
F.B.





