Côte d’Ivoire / Soulèvement des soldats : Ouattara coupe les têtes de l’armée
48 heures après le mouvement d’humeur qui a paralysé l’intérieur du pays, les sanctions sont tombées. Soumaïla Bakayoko, chef d’état major général des armées, Gervais Kouakou, commandant supérieur de la gendarmerie et Brindou M’bia, directeur général de la police nationale ont été démis, ce jour de leurs fonctions. Ils sont remplacés par Touré Sekou, nouveau chef d’état major général, Nicolas Kouakou, nouveau commandant de la gendarmerie et Kouyaté Youssouf, nouveau Dg de la police nationale. Le président Ouattara n’aura pas mis du temps pour faire le grand nettoyage dans son armée à la suite de la grogne des militaires. Selon de sources bien introduites, d’autres têtes vont tomber. Plusieurs personnalités avaient appelé à des sanctions exemplaires lorsque réclamant le paiement de leurs primes. Estimant que « des personnes n’avaient pas joué leur rôle » dans la chaine de commandement de l’armée. « Pourquoi les soldats sont obligés d’avoir recours au chef suprême des armées, le président Alassane Ouattara, pour trouver une solution à leurs problèmes de primes? N’ont-ils pas d’interlocuteurs directs capables de donner des réponses satisfaisantes à leurs préoccupations liées à leurs conditions de travail? Que vaut la chaîne de commandement au sein de notre Armée quand les soldats sont obligés de se mutiner pour trouver solution à leurs problèmes? », s’était interrogé, le porte parole du Rassemblement des républicains(RDR). Pour le ministre Joël N’guessan, « il y a eu défaillance dans la chaîne de commandement et de décision ». « Certaines personnes n’ont pas joué leurs rôles et/ou n’ont pas suffisamment pris leurs responsabilités. Et de par leurs fautes, la stabilité et la paix sociale de notre pays ont été menacées ces derniers jours. C’est pourquoi, tout en condamnant la récente mutinerie des soldats, les responsabilités doivent être identifiées et situées, et les décisions qui s’imposent en pareilles situations soient prises », a martelé Joël N’guessan. Certainement que la « décision qui s’impose » en pareille circonstance a été prise par le chef de l’Etat. Cette même décision a été demandée par le maire de Bouaké, la ville d’où est partie le mouvement de grogne, vendredi dernier. Pour Nicolas Djibo, il ne suffit pas de mettre du sparadrap sur la plaie pour dire qu’on l’a soignée. « Ces mêmes problèmes ont été soulevés, il y a deux ans. Il faut les régler une bonne fois pour toutes. Des sanctions doivent être prises », avait-il relevé. L’annonce de la décision de limogeage a soulevé une scène de joie chez les gendarmes comme s’ils voulaient en découdre avec leur désormais ancien chef.
A.K.





