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Diaby Issiaka, président du collectif des victimes en Côte d’Ivoire (Cvci) a exprimé sa désapprobation quant à une probable mise en liberté des prisonniers Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en jugement à La Haye.

 

Il a soutenu au cours d’une conférence, vendredi dernier, que si cette liberté, fut-elle provisoire, est prononcée, ce sont les droits des victimes qui s’en trouveraient bafoués et leurs vies mises en danger.

 

« Il faut dire que les rumeurs qui ont circulé concernant la libération provisoire de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, ont traumatisé les victimes. Certaines d’entre elles ont commencé à prendre des dispositions vis-à-vis des partisans de ces derniers qui ont déjà annoncé à leur encontre des mesures de représailles. Nous tenons donc à attirer l’attention de la Cour pénale internationale (Cpi) sur cette réalité qui risque de menacer la paix et la cohésion sociale », a-t-il interpellé.

 

Devant les victimes venues nombreuses à cette rencontre, Diaby Issiaka a salué les populations pour s’être abstenues de répondre aux agissements des partisans de Laurent Gbagbo et Blé Goudé. Il a souligné ne plus comprendre les agissements de la Cour pénale internationale (Cpi) «Cette cour est en train de se faire mener en bateau par la défense.

 

Le Bureau du procureur a fourni ces éléments à charge. Il a fait passer les témoins. Il était question maintenant que la défense vienne donner des éléments de preuves et des témoins à décharge.
Au lieu de cela, la défense a choisi des procédures parallèles pour faire diversion en plaidant qu’il y ait un non-lieu», a-t-il regretté, avant d’appeler les victimes à la sérénité. Poursuivant, le premier responsable des victimes de la Côte d’Ivoire s’est plaint que depuis près d’une année, les victimes n’ont plus d’interlocuteurs véritables et celles-ci seraient désabusées : « Aujourd’hui les victimes de guerre sont déshéritées, abandonnées. Ce qui nous avait été promis se trouve dans d’autres mains. Le président de la République a fait sa part. Nous demandons à ses collaborateurs de remplir la leur. Aujourd’hui qu’est-ce que nous constatons. Des personnes, des artistes qui ont chanté pour envoyer la guerre en Côte d’Ivoire sont ceux qui sont indemnisées. Les vraies victimes sont oubliées. On a vu remettre des millions à un artiste qui a incité à la division dans ce pays. Il faut que les choses se rétablissent vivement », a-t-il souhaité.

 

Y. C