Côte d’Ivoire / « La réconciliation est un début de développement », selon Armand Kipré, Ancien élu de la République française
Après un premier mandat de trois ans à la tête des ressortissants de Nahio en France, Armand Kipré vient à nouveau de rempiler pour un second mandat. Ancien élu de la République française et opérateur économique, il nourrit l'ambition d'apporter sa pierre au développement de la Côte d'Ivoire notamment dans la région de Nahio dont il est natif.
Quel bilan pouvez-vous faire de votre précédent mandat ?
Nous avons essayé par les voies et moyens de chercher des solutions à la fois pour les ressortissants de notre région en France et ceux restés sur place au pays. Néanmoins, nous pouvons affirmer que notre précédent mandat a été positif. Nous avons apporté par exemple un soutien à ceux qui ont perdu des parents. Ce qui est assez important quand on vit en France. Au niveau local, nous avons fait la rénovation de l'école primaire dans la région particulièrement à Bogbam qui est un village écologique. Nous avons doté la direction de l'école d'outil informatique. Nous avons aussi fait le reprofilage de la route de Nahio, la sous-Préfecture jusqu'à Bogbam. Nous avons apporté un soutien matériel aux jeunes de la région notamment dans la musique et le sport. C'est d'ailleurs pour cela que depuis un moment, j’essaie de faire des voyages assez réguliers au pays pour voir dans quelle mesure, on pourrait mieux aider nos populations.
Avez-vous entrepris des partenariats Nord-Sud, c'est-à-dire par exemple faire un jumelage entre votre région et certaines régions de France ?
En effet, nous avons pensé à cela. Mais compte tenu de la situation assez difficile que traversait le pays, nous avons estimé qu’il fallait attendre. Maintenant, nous pensons que le temps est arrivé. Et nous y travaillons. Vu que nous voyons un début de réconciliation chez nous au pays, nous estimons que le moment devient favorable à cette initiative. J'ai pris l'engagement, au cours de mon second mandat de faire ce partenariat entre notre région et certaines localités de France.
En tant qu’ancien élu de la République française, quel regard portez-vous sur la réconciliation nationale ?
Je pense que lorsqu’on parle de réconciliation, cela engage deux personnes ou deux protagonistes. Je crois qu’on doit s'asseoir et discuter. La réconciliation est un début de développement. S'il y a réconciliation et s'il y a la paix, je pense que les investisseurs n’hésiteront pas à venir soutenir l'économie locale. Il appartient à nos autorités actuelles de faire un effort pour rassembler tous les enfants du pays sans distinction de culture et d'origine.
La crise ivoirienne s'est également exportée en France, qu'avez vous entrepris pour réconcilier les Ivoiriens de France ?
Nous comptons nous investir dans la réconciliation. En tout cas, nous Ivoiriens de France, nous souhaitons vraiment que la paix revienne réellement dans notre pays d'origine. Il nous appartient d'attirer les investisseurs dans notre pays particulièrement à Nahio, une région située à plus de quatre cent kilomètres d'Abidjan.
Avez-vous des ambitions politiques en Côte d'Ivoire ?
Cela ne m’intéresse pas vraiment. Je suis plutôt pour que notre pays connaisse un vrai développement. Et pour cela, j'invite le Président Ouattara à œuvrer pour une vraie réconciliation, afin que tous les fils et filles du pays puissent se donner la main et qu’il n’y ait pas d'Ivoiriens qui soient mis de côté.
Interview réalisée par EA à Paris, une correspondance particulière





