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En Afrique et particulièrement en Afrique de l’ouest, l’on assiste de plus en plus à des parodies d’élection quand arrivent les scrutins présidentiels. Certains chefs d’Etat sortant, pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir, organisent des élections présidentielles non ouvertes et non inclusives comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire, en octobre 2020 et maintenant avec ce qui se passe au Bénin. Où

Débute, ce vendredi 26 mars, la campagne électorale de l'élection présidentielle du 11 avril au Bénin.

Une campagne réduite puisque trois « duos » de candidats à la présidence et à la vice-présidence seulement ont été validés alors que vingt dossiers avaient été déposés. Face au président sortant, Patrice Talon, aucun poids lourd de l'opposition n'est qualifié.

Seuls deux candidats peu connus du grand public sont sur les rangs pour la présidence : Alassane Soumanou Djimba et Corentin Kohoué. Une situation liée au système des parrainages.

Le scrutin a-t-il été du coup vidé d'une bonne partie de sa substance ? Le chercheur Mathias Hounkpe, administrateur du programme de gouvernance politique de l'ONG Open society initiative for west Africa (Osiwa) donne les raisons de ce comportement anti-démocratique des présidents sortants en Afrique, dans une interview accordée à la radio Rfi.

« Nous sommes en train de payer le prix de quelques avancées qu’on a eues en matière de gestion des élections. Il devient de plus en plus difficile de tricher le jour des élections dans nos pays.

Parce que si vous êtes sûrs de pouvoir tricher le jour des élections, vous pouvez laissez n’importe quel candidat aller aux élections contre vous parce que vous êtes sûrs de contrôler les résultats. Mais si vous n’êtes pas sûrs, il vaut mieux prendre des mesures en amont. Et donc ce que vous observez dans nos pays maintenant, c’est que les présidents s’assurent avant les élections que les candidats crédibles sont éliminés, que les listes électorales soient manipulées, que les commissions électorales sont contrôlées, que le juge du contentieux électoral est contrôlé et donc en amont on crée les conditions pour garantir les victoires. On instrumentalise la justice, on élimine d’abord des candidats avant de permettre aux citoyens de donner leurs points de vue ».

Cette pratique n’est pas prête de prendre fin, Macky Sall du Sénégal étant suspecté de s’engager sur la même voie.

A.K.