Dr Pascal Kadja, Sg de la Fédération PPA-CI de Tiassalé : « Le président Gbagbo a le droit d’être sur la liste électorale et ça se fera sans violence »
A 3 mois des élections locales, le secrétaire général par intérim de la Fédération du Parti des peuples africains (PPA-CI) de Tiassalé et candidat aux municipales, se dit confiant. Dr Pascal Kadja Nambo, enseignant-chercheur à l’UFR Information, Communication et Arts (UFRICA) de l’Université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan-Cocody, qui appelle ses militants au rassemblement, ne se fait aucun doute quant à la réintégration de Laurent Gbagbo, président de son parti sur la liste électorale dont il a été radié par la Commission électorale indépendante (CEI).
Comment se porte le PPA-CI à Tiassalé à l’approche des élections municipales et régionales ?
Le PPA-CI se porte bien à Tiassalé. Les structures créées par le nouveau parti sont basées sur les anciennes structures de l’ex-Front populaire ivoirien (FPI). A part quelques-uns (des militants, Ndlr) qui sont restés au FPI d’Affi N’guessan et dans d’autres partis, l’ossature du parti demeure. Les structures sont en place. Le travail à nous confier était de réveiller ces sections, ces comités de bases. Le travail se poursuit.
Nous avons 15 sections, 64 comités de bases repartis dans les villages. Dans la ville de Tiassalé, nous avons 6 sections. La difficulté, c’est que notre absence de la scène politique pendant les 10 années de l’emprisonnement du président Laurent Gbagbo nous a fait perdre beaucoup sur le terrain. Mais, nous réveillons les bases.
Il y a eu la scission avec le FPI et pendant ce temps, l’actuel député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko a le vent en poupe, en plus du RHDP au pouvoir qui semble avoir gagné du terrain. Est-ce qu’aujourd’hui, le PPA-CI a les moyens de rivaliser d’avec ses adversaires à Tiassalé ?
Les militants du PPA-CI existent, la base électorale existe. Mais, les militants sont dans un environnement très difficile. Je voudrais rappeler que Tiassalé est traditionnellement un bastion du PDCI-RDA. Il y a évidemment sur le terrain le RHDP, le FPI et le PPA-CI.
Au niveau du PPA-CI, nous avons certes des difficultés mais nous sommes en train de travailler pour pouvoir avancer. On peut dire qu’après le PDCI-RDA, nous sommes la deuxième force politique dans la région. Le député-maire est un indépendant qui compose avec nos militants mais nous sommes confiants.
Allez-votre opter pour une alliance avec le PDCI-RDA ?
Il est peut-être tôt pour dévoiler toute notre boîte à outils stratégiques mais sur le terrain, nous avons une alliance avec le PDCI. La difficulté à Tiassalé, c’est que c’est un brassage de peuples tel que vous y retrouvez plusieurs ethnies ainsi que des frères de la sous-région. Il faut connaître tout cet ensemble sociologiquement pour pouvoir mieux gérer. En ce sens, je suis le mieux placé pour rassembler tout ce monde parce qu’on se connait tous. C’est une force. Je suis natif de Tiassalé de par mes deux parents donc je suis à même des maîtriser les enjeux sur le terrain.
On parle en ce moment du contentieux sur la liste électorale provisoire. Avez-vous décelé des cas d’irrégularités à Tiassalé et comment allez-vous y prendre pour contrer des éventuelles fraudes ?
Depuis plus de 10 ans, nous n’étions pas sur le terrain. Il y a eu des convoyages d’électeurs par ceux qui étaient là. C’est un fait. Nous sommes vigilants tout de même. Nous sommes en train de vérifier le listing pour extirper tous ceux qui n’ont pas le droit d’y être. Nous avons une équipe au PPA-CI qui travaille sur cette question. C’est l’occasion de lancer un appel à tous les partis politiques et aux indépendants pour dire qu’une élection doit se gagner dans la transparence.
Il y a une tension palpable à la veille des élections due au retrait de Laurent Gbagbo, votre leader, de la liste électorale. Quels commentaires faites-vous ?
Cela nous inquiète mais voyez-vous, quand nous étions au pouvoir, le président de la CEI était de l’opposition. Nous l’avons accepté. Le président Laurent Gbagbo l'avait fait pour éviter toute suspicion. Pourquoi, ils n’en font pas de même ?
Pour le cas du président Laurent Gbagbo, c’est un problème de vérité historique. On l’accuse d’avoir braqué la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). Mais pourquoi la BCEAO qui est la victime ne porte pas plainte ? En réalité, tous croyaient qu’en envoyant le président Gbagbo à La Haye, leurs problèmes étaient résolus. Ils croyaient qu’il n’allait pas revenir.
Nous au PPA-CI, nous faisons prévaloir nos arguments juridiques. Cette affaire ne fait pas honneur à la Côte d’Ivoire. Le président Laurent Gbagbo a le droit d’être inscrit sur la liste électorale et ça se fera sans violence, sans manifestation, mais les textes vont prévaloir. Nous sommes confiants.
Que pensez-vous de la sortie de l’évêque de Daloa qui a dépeint un tableau pas reluisant de la gouvernance du régime ?
Un religieux est caractérisé par la vérité. Il a fait le constat de ce qui se passe dans notre société. Il n’a fait que décrire ce qu’il voit. Il peut y avoir un aspect de subjectivité mais malheureusement, tout le monde constate ce qu’il décrit. Un religieux est un leader d’opinion qui peut se prononcer sur les maux qui nous assaillent aujourd’hui en Côte d’Ivoire.
Certes il y a des réalisations mais l’aspect humain est oublié. Pour marcher sur les ponts, il faut qu’on soit en bonne santé. Il faut que nos enfants aillent à l’école et soient des citoyens bien formés pour utiliser tout ça. Nous sommes des socialistes. La politique du président Laurent Gbagbo met l’homme au cœur du développement. Donc, l’évêque a dit haut ce que tout le monde dit bas. D’ailleurs, j’encourage tous les religieux à être objectifs dans leurs prises de position pour guider le peuple.
Avez-vous un mot à l’endroit des militants PPA-CI de Tiassalé
Je leur demande de rester calmes. Qu’ils soient confiants et qu’ils nous fassent confiance pour qu’on avance. J’appelle les militants au rassemblement autour de la fédération de Tiassalé, du candidat à la mairie que je suis et autour du coordonnateur régional, Martin M’bolo.
Interview
réalisée par A.K.





