Eric Bertrand, ONG « Ruban rouge » : « Il ne faut pas refouler les homosexuels dans nos hôpitaux »
La question du VIH-SIDA au sein des lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et transgenre devient de plus en plus préoccupante. C’est pourquoi plusieurs organisations de la société civile en font leur cheval de batail. Eric Bertrand, coordinateur prévention et chargé des populations clés à l’ONG Ruban rouge, dans cet entretien donne plus de détails sur la prise en charge de cette communauté LGBTI.
A quoi consiste votre activité ?
Comme activité, nous faisons la prise en charge de la population générale, la prise en charge des personnes vivant avec le Vih. Et aussi l’appui des OEV, des homosexuels et travailleurs de sexe.
Quelles difficultés rencontrez-vous régulièrement avec les homosexuels ?
En son temps au niveau santé, c’était un peu difficile de pouvoir prendre en charge ces personnes. Parce qu’il y avait la question de l’auto-stigmatisation au niveau des personnes clés-mêmes. Il était donc difficile pour ces personnes de se rendre dans les centres de santé publics. Avec les actions que nous avons menées avec l’appui des partenaires financiers, nous avons pu mettre en place une stratégie afin de permettre à cette communauté LGBTI de se soigner et de faire leur test de dépistage. Aujourd’hui cette question de honte, de stigmatisation est en train de disparaître. Tous les médecins sont prêts à s’occuper de tous ces homosexuels et les personnes vivantes avec le Vih-Sida.
Peut-on savoir le taux de prévalence au niveau de la population clé ?
Au niveau des travailleurs de sexe avec les études que nous avons menées, nous sommes à 11,8% de taux chez les femmes. Au niveau des hommes nous sommes à 18%.
Les actions à venir ?
Nous mettons le cap sur la sensibilisation et le dépistage des populations clés. Il faut les amener à se rendre à l’hôpital pour se faire dépister. Cela leur permettra de connaître leur statut sérologique. Nous allons continuer le plaidoyer. Nous avons le droit de faire savoir à toute la population que ces homosexuels, lesbiennes, bisexuels sont comme tout le monde. Cette population clé à le droit à la liberté d’expression, et de choisir leur orientation sexuelle dans la société. Il ne faut pas avoir un autre regard sur cette communauté. Il faut éviter de les stigmatiser. Il n’est pas question de refouler les homosexuels dans nos hôpitaux.
Anicet ZIO





