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Le village de Kpéaba dans le département de Sipilou à la frontière entre la Côte d’Ivoire et la Guinée a subi une attaque à mains armées attribuée à l’armée guinéenne, a-t-on appris, le jeudi 22 décembre auprès d’autorités locales.

Selon Glao Diomandé le maire de Sipilou joint par téléphone, il s’agit d’un raid mené par des individus en tenues militaires de l’armée guinéenne. «  C’est dans la nuit du mercredi à jeudi 22 décembre que cette attaque a eu lieu», a-t-il révélé. Il ajoute que cette attaque a fait deux morts par balles, plusieurs maisons incendiées et causé la fuite de la population. A l’en croire, cette localité fait l’objet de litige entre la Côte d’Ivoire et la Guinée voisine dont le drapeau flottait jusqu’à des jours récents dans le village. « Leur drapeau était là-bas depuis un moment. Ils l’ont retiré il y a peu. Mais à notre grande surprise, c’est une attaque armée qui suit ce retrait. Ils disent que c’est leur village, mais on se demande pourquoi ils tirent sur la population ? », interroge-t-il. Un président de jeunesse joint par téléphone a quant à lui, fait savoir que « c’est depuis le 12 décembre qu’un contingent a fait irruption dans le village, avec à sa tête un lieutenant. Il a mis un fusil sur la tempe d’un homme. Ils procèdent ainsi pour intimider la population et la faire fuir afin de voler les récoltes de café, de cacao et riz » précise cette source. « Ils viennent à chaque traite de produits et ramassent les animaux domestiques. Hier ils sont arrivés à 1h du matin, ont incendié au moins vingt-trois maisons et fait deux morts, des personnes qui tentaient de s’enfuir en brousse et abattues à la kalachnikov » a soutenu notre source. Les autorités guinéennes démentent cette accusation. Selon le site africaguinee.com dans sa publication de ce jeudi après-midi, qui cite le colonel Mamadou Aliou Diakité, porte-parole de l’armée de ce pays, dément une quelconque incursion de l’armée guinéenne en territoire ivoirien. « L’armée guinéenne n’est pas présente dans ce village. Aucune action de ce genre n’a été menée par nos hommes », soutient-il. Le maire de Sipilou, élu député de la circonscription, Glao Diomandé est formel, « les douilles ramassées appartiennent à l’armée guinéenne ».Sont-ce des éléments isolés qui agissent-ils ainsi ou bénéficient-ils de soutiens haut placés dans la hiérarchie militaire guinéenne? Les Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) et un contingent du peloton mobile de la gendarmerie nationale à Man se sont déployés sur les lieux de l’attaque pour s’enquérir de la situation et rassurer la population, indiquent nos sources. Le village de Kpéaba est l’objet d’un conflit frontalier entre la Côte d’Ivoire et la Guinée. Jusqu’à février 2013, des militaires guinéens occupaient cette localité selon africaguinee.com. Leur drapeau quant à lui y flottait encore jusqu’à récemment. Cette attaque survient trois jours après la tenue des élections législatives paisibles en Côte d’Ivoire. Est-ce pour créer la chienlit ou pour faire simplement peur aux populations qui ne demandent qu’à vivre et à travailler en paix ?

A.K. avec politikafrique