Gnizako Lago Lucien, Directeur exécutif de l’ONG « Secours social » : « Ma femme sait très bien que je suis bisexuel »
Dans le cadre de la prise en charge des homosexuels, lesbiennes, travailleurs de sexe et bisexuel, l’ONG Secours social dont le siège se trouve à Bouaké s’engage à voler secours de cette communauté tant marginalisée
Quel est le travail principal de l’ONG secours dans la commune de Bouaké ?
J’aime bien les personnes de même sexe que moi. Quand j’entends des personnes parler mal des homosexuels ça me fait mal. Il faut respecter leur orientation sexuelle. Acceptons-les tels qu’ils sont. Mon ONG s’est engagée dans la prise en charge des homosexuels et lesbiennes. Avant la création de ma structure, j’hébergeais beaucoup d’homosexuels dans ma maison. Ils étaient chassés par leurs parents. C’est ainsi que j’ai pris la décision de formaliser une structure qui pouvait accueillir toutes ces personnes.
Comment arrivez-vous à les contacter ?
A Bouaké, ils ont un endroit spécifique où les trouver. C’est dans ces lieux que nous nous rendons pour leur parler de notre structure qui peut s’occuper d’eux. Quand ils acceptent de me suivre, nous leur montrons par la suite comment porter les préservatifs. Et nous les rassurons qu’ils seront pris en charge étant malades.
Combien d’homosexuels avez-vous dans votre centre ?
J’ai plus cent homosexuels dans mon centre. Chaque jour mon équipe reçoit plus de 40 homosexuels. Nous les sensibilisons sur la question des IST. C’est en voyant des images choquantes qu’ils se rendent compte qu’ils étaient exposés à des dangers.
Avez-vous l’aide des autorités de la commune de Bouaké ?
Avant ce n’était pas facile. Les autorités ne voulaient même pas entendre cette histoire d’homosexuel dans la commune. On n’a pas baissé les bras. On a continué à mener des démarches auprès des autorités pour la prise en charge de cette population. On leur a fait comprendre que les homosexuels sont comme tout le monde. Seulement c’est leur orientation sexuelle qui fait la différence. Aujourd’hui nous avons accès à beaucoup de structures.
Est-ce que vous avez un accès facile aux hôpitaux de Bouaké ?
Après plusieurs ateliers avec les professionnels de la santé de la commune de Bouaké, nous n’avons plus de problèmes avec eux. Nous avons accès à tous les soins. Nous sommes régulièrement suivis. Nous continuons de sensibiliser toute la communauté à se faire dépister afin de connaître leur statut sérologique.
Avez-vous une femme et des enfants ?
Oui bien sûr. Je suis marié et père de deux enfants.
Votre épouse sait que vous êtes un bisexuel ?
Ma femme sait très bien que je suis bisexuel. Je suis venu lui donner l’information avant que nous ne soyons ensemble. Donc à son niveau cela ne cause pas de problème. Nous vivons notre vie normalement comme tous les autres couples.
Réalisée par
Anicet ZIO





