Guillaume Soro aux jeunes : « s’il y a des gens qui sont fâchés parce que je ne suis pas candidat pour 2020, pardonnez, laissez tomber cette préoccupation inopportune pour l’heure »
En recevant environ 200 jeunes en sa résidence, dimanche soir pour la célébration de son nouveau palmarès sur Facebook (1 million de fans), Twitter (500 000 followers) et Instagram (25 000 abonnés), Guillaume Soro voulait passer un message fort. Lisez ses propos ci-dessous.
« Je veux profiter de cette rencontre festive pour lancer un appel. Je pense que vous devez contribuer à baisser la tension sur les réseaux sociaux. Quand tu injuries, c’est plutôt de la faiblesse. Ça veut dire que tu n’arrives pas à te contenir, à contenir ce qui est dans ton cœur. Mais qui es-tu pour qu’on ne t’insulte pas ? Quand quelqu’un m’insulte, je me dis que cette personne qui m’insulte est en dépit amoureux. Sinon, si tu ne m’aimes pas, pourquoi tu viens sur ma page ? Tu dis que tu n’aimes pas quelqu’un mais à peine réveillé, tu es sur sa page Facebook, à deux heures du matin, tu es sur sa page. Et donc quelque part, je me dis que c’est un frustré, il est en dépit amoureux et donc je me dis peut-être que si je cause avec lui, il peut changer.
Restez calme, n’insultez pas, ayez la démarche explicative avec beaucoup d’humilité. D’ailleurs, je vais parler du mot humilité que j’ai l’habitude d’utiliser. Certains même ont commencé à se moquer de moi parce que je parle chaque fois d’humilité, et c’est par déformation. J’ai fait le Petit Séminaire de Katiola. J’y ai donc fait le Latin qui était une matière comme toutes les autres matières enseignées à l’époque de la 6ème à la 3ème. Je vous avoue que j’aimais beaucoup le Latin. Humilité vient du mot latin, ‘’humilitabus’’ qui est son ablatif et qui veut dire ‘’ Sans orgueil’’. Vous comprenez ! Sans orgueil ! Je pense que, et je m’adresse à ceux qui ont voulu utiliser ce mot contre moi, j’ai voulu simplement dire soyons humbles, ayons de l’humilité. Même quand tu es fort, ne prends pas ta force pour écraser le faible. Donc quand quelqu’un t’insulte, tu n’es pas obligé de l’insulter aussi à ton tour.
N’injuriez pas sur internet, n’insultez pas. Je vous demande de calmer le jeu. Essayer d’approcher ceux qui nous insultent, s’ils n’ont pas compris quelque chose, expliquez-leur. Moi, les gens sur Facebook et Twitter qui m’insultaient, quand j’ai commencé à parler avec eux, ils ont changé. Parce que quelquefois, objectivement les gens vous insultent sans pourtant vous connaître. Les gens peuvent me traiter de rebelle, de ceci ou de cela, ils ne me connaissent même pas. Un jour, on se croise, on parle et ils découvrent autre chose. Donc vous gagnerez à calmer le jeu, à parler, à ne pas injurier, à ne pas insulter.
(…) Est-ce que je serai candidat en 2020 ? Quelqu’un a posé la question. Cette question récurrente, chaque fois j’y réponds, mais chaque fois elle revient. J’ai dit que nous sommes en octobre 2017, je suis un homme de mission. 2020 est encore loin. Je suis un homme de mission et je n’ai même pas encore terminé la mission qu’on m’a donnée à l’Assemblée nationale. Je me préoccupe actuellement de gérer l’Assemblée nationale. Pour l’heure, 2020 n’est pas ma préoccupation ; je répète 2020 n’est pas ma préoccupation. Je suis Président de l’Assemblée nationale, j’entends demeurer et travailler pour l’Assemblée nationale. Donc s’il y a des gens qui sont déjà fâchés parce que je ne suis pas candidat pour 2020, pardonnez, laissez tomber cette préoccupation inopportune pour l’heure. Moi je dis 2020 c’est loin et 2020 pour l’instant n’est pas inscrit sur mon agenda. Quand je prends mon agenda, il n’y a pas 2020 dessus. C’est plutôt l’Assemblée nationale qui y est marquée.
En tout cas, je voudrais remercier les uns et les autres d’avoir accepté de venir et de nous avoir écoutés. Je voudrais encore lancé un message à tous. Vous êtes des jeunes dynamiques et formidables sur les réseaux sociaux. Je vous demande et je vous en supplie, écoutez-moi bien. Je vous demande d’être grands sur les réseaux sociaux, je vous demande de montrer de la responsabilité et de la maturité sur les réseaux sociaux. Je vous en conjure, ne tombez pas bas, n’allez pas dans les égouts, distinguez-vous par la qualité de l’argumentaire et de l’argumentation. Distinguez-vous par votre capacité à vous maitriser. En ce qui me concerne, laissez tous ceux qui veulent m’insulter continuer à le faire. Ce n’est pas mon problème. Je lis souvent certains commentaires quelquefois pernicieux, quelquefois méchants mais ainsi est fait le monde.
Mais moi, j’ai 25 ans d’injures dans mes os. Je vous dis qu’il n’y a pas une injure qu’on ne m’a pas adressée dans ce pays. Depuis 1992 quand j’ai commencé mon militantisme en Côte d’Ivoire, mon militantisme au sein de la Fesci ; de tout temps, il s’est trouvé des petits malins pour m’insulter, m’attaquer, m’injurier mais j’ai comme l’impression que ce sont leurs injures qui me rendent populaire. Donc n’insultez pas, expliquez, argumentez et argumentez, c’est cela le plus important. A l’exercice de l’argumentation, vous allez consolider non seulement vos connaissances mais votre maitrise et votre assise sur les réseaux sociaux. Je compte sur vous. Merci. »





