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Depuis le conseil des ministres du mercredi 19 août 2020, toutes les manifestations de rue sont interdites en Côte d’Ivoire et ce, jusqu’à nouvel ordre. En 2003, dans un climat de guerre, sous le régime de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le gouvernement avait suspendu toutes les marches de revendication. Cette décision avait suscité des réactions de tous les groupements politiques de l’opposition d'alors dont celles plus virulentes du Rassemblement des républicains et des Forces nouvelles.

 

Le porte-parole du RDR de l’époque, Cissé Bacongo, estimait que « c'est une entrave grave aux règles démocratiques, qui ne doit pas être tolérée », ajoutant que « les signataires de Marcoussis (France) ne vont pas se laisser faire par cette mesure. La décision appelle de notre part, une désapprobation la plus claire et la plus ferme. Nous pensons en réalité que le président de la République (Ndlr : Laurent Gbagbo) et son parti (FPI) ont eu peur de la réplique que les signataires de Marcoussis allaient apporter, et surtout des la réaction de la communauté internationale après cette marche ».

 

« Les Forces nouvelles jugent inadmissible, une telle décision du gouvernement de réconciliation nationale, premier garant du respect des libertés fondamentales en Côte d'Ivoire, et estiment qu'elle constitue un recul démocratique qui viole les libertés constitutionnelles », selon leur porte-parole, Konaté Sidiki.

 

Fort heureusement ces deux personnalités, Cissé Bacongo et Konaté Sidiki, sont encore sur la scène politique et membres du gouvernement qui vient encore de violer les libertés publiques.

 

Or donc dans ce pays, l'opposition peut ne pas se soumettre à la volonté du gouvernement qui interdit des marches ? L'histoire est vraiment têtue !

 

« En 2003, vous avez appelé à la désobéissance de cette mesure et vous avez demandé à la communauté internationale de réagir. En 2020, vous avez violé la constitution pour nous imposer la candidature anticonstitutionnelle de M Ouattara. Aujourd'hui, vous voulez nous empêcher de manifester notre mécontentement », déplore un militant de l’opposition.

 

« Un gouvernement qui n'obéit pas à ses propres règles et qui viole la constitution ne doit pas être surpris de la désobéissance du peuple qu'il piétine chaque jour », lance un autre.

P. Menant