jacqueville-delimitation-du-territoire-un-decret-signe-par-gbagbo-et-maintenu-par-ouattara-non-applique-depuis-11-ans.jpg

A Jacqueville (61 km, sud-ouest), des populations appellent au strict respect du décret n° 2010-233 du 25 août 2010, portant définition du ressort territorial des régions, départements, sous-préfectures et communes de Côte d'Ivoire signé par le président d'alors, Laurent Gbagbo. Ce décret a la particularité d'avoir été maintenu par le président de la République, Alassane Ouattara, entre quatre décrets pris par son prédécesseur, tous relatifs à la création de nouvelles communes. Simple coïncidence ou situation motivée, il se trouve que 2023, année électorale, débute avec une forte polémique, considérée par certains comme étant une poussée de tension. Une question de délimitation du territoire de Jacqueville s'est emparée de la cité. Ce sujet, les populations l'abordent dans leur ensemble, exprimant le vœu que les dispositions légales soient appliquées pour le développement effectif et surtout pour la préservation de la cohésion sociale dans leur paisible cité.

Au centre de cette situation, pour laquelle tous les regards sont tournés vers l'autorité compétente, c'est le fait, pour certains, de vouloir user de tous les moyens pour s'opposer à la mise en œuvre du décret n° 2010-233 du 25 août 2010. Pourtant, pour la tutelle, le maintien de ce décret découle du devoir d'appliquer les textes règlementaires, d'apporter de la clarté et de permettre également d'assurer la pérennité des collectivités maintenues. Raison pour laquelle, ces collectivités conservent le ressort territorial défini par ce décret. Conséquence, à Jacqueville où l'on observe un apparent bras de fer, la commune est passée depuis 2010 à 7 villages.

Tous les autres villages dépendent de la Sous-préfecture. Suite à ce découpage territorial de 2010, qui n'est pas spécifique à Jacqueville, l'on note que les communes de Dabou et Grand-Lahou se composent respectivement de 7 et 9 villages.

Mieux, l'annexe 8 de ce décret donne des précisions sur les différentes composantes de cette délimitation à Jacqueville. Ainsi, l'on saura que ce département est dans la région des Lagunes et il se compose des sous-préfectures d'Attoutou qui est constitué de 7 communes regroupant un total de seize villages et de Jacqueville comptant quatre communes que sont Addah, Adessé, Jacqueville et Sassako-Begnini. Des 25 villages répartis entre ces communes, Jacqueville dispose de 7. Alors que rien ne laisse présager cet état de fait, ce décret n°2010-233, maintenu en conseil des ministres, le 7 mars 2012, n'a jamais été appliqué.  

Depuis 11 ans, ce décret est l'objet d'une suspension de fait. Que lui reproche-t-on? Les populations veulent savoir pourquoi ce décret n'a jamais connu une mise en œuvre et quelle est la disposition qui justifie cette situation. Durant combien de temps, continuera-t-on de suspendre son application sans, jusqu'à preuve du contraire, une base légale ? Pendant qu'elles sont en attente de la réponse à leurs préoccupations, ces populations expriment leurs inquiétudes relativement aux conséquences socio-économiques d'une telle situation.

Facteur de dysfonctionnement et de conflit de compétence enregistré entre la sous-préfecture et la commune. Elles souhaitent que soit porté à leur connaissance les réalisations effectuées dans les nombreux villages placés de fait dans le ressort communal. Quel est l'état, font-elles remarquer, des infrastructures, notamment école, centre de santé, adduction d'eau dans ces villages après dix ans de gestion de la commune.

Pour ces populations, laisser prospérer le prétexte selon lequel l'application de ce décret est susceptible de créer des troubles à Jacqueville, c'est leur dénier tout simplement le droit au développement. Aussi, souhaitent-elles vivement que le président de la République se saisisse du dossier afin de mettre fin à cette situation d'exception qui tend à perdurer et permettre à leur département de bénéficier légitimement du développement conformément aux objectifs de la politique de la décentralisation et demeurer cette cité paisible où le vivre-ensemble est le credo.

S.B.