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Les maladies tropicales menacent les habitants de la Côte d’Ivoire. Un atelier de formation des professionnels des médias sur le sujet a permis de se rendre compte de l’ampleur de la situation.

 

  En Côte d’Ivoire, les maladies tropicales négligées à chimiothérapie préventive (Mtn-Cp) au nombre de cinq, la filariose lymphatique ou éléphantiasis, les géo helminthiases, la schistosomiase ou bilharziose, l’onchocercose et le trachome constituent de véritables problèmes de santé publique. Leurs conséquences socio-économiques sont démontrées. En vue d’une lutte efficiente contre ces maladies tropicales négligées, le programme national a convié, ce mercredi les professionnels des médias à un atelier de renforcement de capacités au Plateau. Il ressort des informations reçues que concernant la filariose lymphatique ou éléphantiasis, 74 districts sanitaires sur les 83 que compte le pays, sont endémiques. Cela veut dire que les populations de ces 74 districts sanitaires sont exposées à la filariose lymphatique. « Nous sommes tous potentiellement exposés », prévient Dr Méité Aboulaye, directeur-coordonnateur du Pnlmtn-Cp. S’agissant de l’onchocercose, ce sont 67 districts sanitaires qui sont endémiques quand 81 sont exposés à la bilharziose. Pour le trachome, ce sont seulement 14 districts qui sont endémiques. Mais plus grave, c’est tout le pays qui est touché par les géo helminthiases ou helminthiases transmises par le sol. Par ailleurs, ont laissé entendre les formateurs, « la plupart des pathologies sont irréversibles ». Cela veut dire que lorsqu’on en est atteint, on ne peut plus en guérir sauf à les contrôler par la prise de médicaments. « Quand on est aveugle de l’onchocercose, c’est à vie », a-t-on appris. Le directeur-coordonnateur du Pnlmtn-Cp fonde son espoir sur la contribution des professionnels des médias pour booster la lutte contre ces maladies tropicales négligées. Elles sont dites négligées parce qu'elles ne bénéficient pas de financements conséquents comme les autres programmes. « Aidez-nous à aller à l’élimination de ces maladies. La prise en charge est coûteuse », a lancé Dr Méité Aboulaye. Pour atteindre ses objectifs d’élimination des Mtn, le programme mise sur la distribution de masse de médicaments, l’assainissement du milieu et l’éducation, la surveillance épidémiologique et entomologique, la lutte anti vectorielle et l’application de la stratégie CHANCE (chirurgie, antibiothérapie, nettoyage du visage et changement de l’environnement). Le succès d’un tel programme passe nécessairement par la formation et la sensibilisation des acteurs, une mobilisation à grande échelle des communautés afin que celles-ci s’approprient les activités de lutte contre les MTN-CP. D’où la session de formation des professionnels des médias. Le programme a reçu le soutien du ministre de la Santé de l’hygiène publique représenté par le directeur général de la santé, le professeur Dagnan, l’organisme du gouvernement américain l’Usaid, End Africa et Fhi360.

A.K.