Lamoussa Djinko, président du Renouveau démocratique : « Si les coups d’Etat pouvaient développer l’Afrique, on allait dépasser l’Europe »
Dans un face-à-face avec la presse nationale, le vendredi 29 septembre 2023, le président du Renouveau démocratique a dénoncé les entraves faites à la démocratie. Au cours d’une conférence sur le thème, « la Cour constitutionnelle et la Commission électorale indépendante (Cei) », Lamoussa Djinko a schématisé les écueils rencontrés sur le chemin qui mène au pouvoir et qui empêchent l’exercice de la démocratie.
« La démocratie est un système dans lequel un homme choisi par un peuple, exerce le pouvoir en son nom par la constitution. Ce n’est pas compliqué », a tranché le président du Renouveau démocratique. Aussi, a-t-il indiqué ne pas comprendre les raisons des coups d’Etat. « Pourquoi faire un coup d’Etat ? Si les coups d’Etat pouvaient développer l’Afrique, on allait dépasser l’Europe. Parce qu’on en a eu 146 en Afrique à ce jour. Un coup d’Etat, qu’il soit sanglant ou non, est mauvais », a condamné l’homme politique dont l’objectif est d’aller à la paix et diriger son pays sans qu’il n’y ait de crise. Pour lui, « tout dépend du bien-être social des populations qu’on ne peut obtenir que par le pouvoir ». « On a créé une société de privilégiés. Ceux qui sont éjectés veulent revenir au pouvoir et ceux qui sont au pouvoir empêchent les gens d’arriver au pouvoir et c’est le clash permanent », fait-il remarquer.
Dans la course au pouvoir, la Cour constitutionnelle joue un rôle important. Et le fait que cette institution rende des décisions insusceptibles de recours, n’est pas démocratique. « C’est un danger que la Cour constitutionnelle donne des résultats et qu’il n’y ait pas de recours », dénonce-t-il. D’autre part, l’homme politique a estimé que les conditions à remplir pour participer aux élections en Côte d’Ivoire relèvent d’un parcours de combattant.
« Nous avons un problème avec l’organisation des élections. Un système de corruption est mis en place avec l’administration fiscale. En plus tout le monde doit converger vers Abidjan pour le dépôt des dossiers. Les choses sont rendues difficiles ». Le président du Renouveau démocratique a également plaidé pour la jeunesse qui sans perspective aujourd’hui. « Il faut faire confiance à la jeunesse. On ne crée pas d’emplois pour les jeunes mais on les utilise tout le temps. Cette année a été décrétée ‘’année de la jeunesse’’ mais on trouve des ministres maire, des ministres président de conseil régional, des ministres gouverneurs, des députés maires, des maires sénateurs et rien pour la jeunesse », déplore l’économiste.
C’est pourquoi, une fois parvenu au pouvoir d’Etat, le Renouveau démocratique prévoit de modifier la constitution afin d’en supprimer les « articles problématiques », de doubler le salaire des Forces de défense et de sécurité qui ont la lourde tâche de sécuriser le pays, de voter une loi pour le financement des campagnes. Il met en bonne place, la lutte contre la pauvreté, la vie chère, le dédommagement des victimes de la crise de 2010, la suppression du Sénat qui n’est pas nécessaire pour un pays d’à peine 30 millions d’habitants. Il va rassembler les Ivoiriens parce que « nous avons fait la guerre mais pas la réconciliation ».
A.K.





