Le FPI et de l’AFD-CI exigent la libération immédiate de Mohamed Jichi dit Sam l’Africain
Le vendredi 31 mars 2017, M. Jichi Mohamed dit Sam l’Africain, président de la Nouvelle Alliance de la Côte d’Ivoire pour la Patrie (Nacip), a été présenté devant le tribunal de première instance d’Abidjan pour être jugé pour « incitation au tribalisme et à la xénophobie ».
Rappelons que le samedi 11 mars 2017, le Président de la Nacip, parti membre de l’Alliance des Forces Démocratiques de Côte d’Ivoire (Afd-Ci), a animé un meeting à Yopougon, quartier Micao, où il s’est prononcé sur l’actualité sociopolitique en Côte d’Ivoire. Plusieurs sujets avaient été évoqués, notamment les mutineries au sein des armées, la grève des fonctionnaires, le scandale de l’agrobusiness, la crise dans la filière café-cacao, etc. Prolongeant la position de l’Afd-Ci, Sam l’Africain avait fait le constat de l’échec du régime d’Alassane Ouattara et demandé la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et de transition pour réconcilier les Ivoiriens afin d’assurer le développement économique et social du pays dans l’unité, la paix et la stabilité.
Six (6) jours après ce rassemblement, c’est-à-dire le vendredi 17 mars 2017, Sam l’Africain a été convoqué devant la Brigade de recherche de la Gendarmerie pour se voir signifier les chefs d’accusation d’« atteinte à la sûreté de l’Etat, d’outrage au chef de l’Etat et à son épouse et d’incitation au trouble à l’ordre public ».
A l’issue de son audition, il a été déféré devant le procureur de la république alors que l’enquête de la gendarmerie n’avait pas permis d’étayer les accusations portées contre Sam l’Africain. Plutôt que de le relaxer, le procureur de la république requalifie les faits et signifie à Sam l’Africain les chefs d’accusation d’incitation à la haine tribale et à la xénophobie. Sur le champ, un mandat de dépôt lui a été délivré et Sam l’Africain a été écroué à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) où il est resté en détention durant 14 jours.
Au cours du débat contradictoire devant le tribunal, les allégations du procureur ont été battues en brèche par une brillante plaidoirie de la défense de Sam l’Africain qui a mis en lumière la vacuité du dossier. Sam l’Africain devrait être purement et simplement relaxé. Mais une fois encore, dans la volonté de le maintenir en détention, les faits à lui reprochés ont été requalifiés en « injure et diffamation envers une communauté ethnique ». Ainsi, Sam l’Africain a été condamné à six (6) d’emprisonnement ferme, à cinq (5) ans de privation de ses droits civiques et à une amende de 500.000 fcfa.
La condamnation de Sam l’Africain constitue une atteinte grave à la liberté d’opinion et à la démocratie. Elle dévoile une logique d’intimidation des leaders de l’opposition en général, et ceux de l’Afd-Ci en particulier.
En effet, depuis le blocage du dialogue politique et les manifestations de protestation du Fpi et de l’Afd-Ci contre le référendum constitutionnelle, le régime est entré en guerre contre l’Afd-Ci et son président. Les déclarations et autres conférences de presse organisées par l’Afd-Ci en début d’année pour dénoncer la mauvaise gouvernance du pays, et l’appel à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et de transition ont été ressentis comme une offense qu’il fallait venger. Il faut museler l’Afds-Ci et son président. Il faut neutraliser le Fpi. D’où le tapis rouge déroulé aux dissidents du parti. Il faut punir Sam l’Africain pour son soutien à Laurent Gbagbo et son témoignage à la Haye. D’où sa condamnation à six (6) mois d’emprisonnement et à la privation de ses droits civiques pendant cinq (5) ans, une forme d’exclusion politique.
Le Front populaire ivoirien (Fpi) et l’Afd-Ci :
- condamnent avec la dernière énergie l’arrestation et l’emprisonnement de Sam l’Africain ;
- apportent leur soutien total et leur solidarité à Sam l’Africain ;
- exigent la libération immédiate de Sam l’Africain ;
- lancent un appel à la mobilisation des démocrates et de toutes les personnes éprises de liberté pour faire barrage à la dictature et pour engager la lutte pour la Justice et pour la démocratie ;
- demandent aux militants d’être à l’écoute des mots d’ordre des manifestations de protestation pacifique et démocratique qui auront lieu dans les prochaines semaines.
Fait à Abidjan, le 02 avril 2017
Le Président du FPI et de L’AFD-CI
Pascal Affi N’Guessan





