Législatives / « Le Bafing a besoin de personnalités neutres, à équidistance des positions tranchées », selon issouf Fadika, candidat
Issouf Fadika dit ‘’Djouf’’ est l'actuel PCA du guichet unique du Commerce extérieur (Guce). Cadre du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la paix (Rhdp) au pouvoir, cet habitué des Affaires maritimes nourrit l’ambition de siéger à l'hémicycle à la faveur des législatives à venir.
Vous êtes prétendant à la députation prochaine dans la circonscription de Touba commune. Quelle est votre vision par rapport à ce post politique ?
Je vous remercie d'abord de l'opportunité que vous m'offrez. En effet, oui je suis candidat à la candidature Rhdp pour la circonscription électorale Touba commune. Touba est mon village. Et tout ce qui s'y passe m'intéresse au plus haut point. Cette localité est très en retard sur le développement. Et comme vous le savez, le président de la République Alassane Ouattara et son équipe mettent tout en œuvre pour sortir de cette situation difficile nos parents. Beaucoup a été fait, en termes d'investissements, d’électrification villageoise, d’infrastructures routières, sanitaires et scolaires. Mais beaucoup restent à faire notamment les importants projets de grands barrages hydro-agricoles, en cours de réalisation dans la région, l’emploi de jeunes, l’autonomisation des femmes et le développement de l’agriculture, quand on sait que le Bafing constitue aujourd’hui un véritable grenier pour toute la Côte d’Ivoire. Pour ce faire, il faut l’implication de l’ensemble des cadres de la région, dans cette impérieuse nécessité de création de richesse, gage de notre développement. C'est d'ailleurs à cela que le président Alassane Ouattara nous encourage régulièrement. Le tout n’est pas d’être député mais il faut des ressources de référence, être capable de rassembler et de porter très haut, dans nos régions et au plan national et international, la vision de développement et de paix durable si chère à tous les Ivoiriens et singulièrement au chef de l’Etat Alassane Ouattara. C’est dans cette vision de paix et de développement que nous nous inscrivons.
Mais Touba a depuis longtemps eu des députés, censés représenter la population...
Bien évidemment, Touba a eu des députés et non des moindres, des personnalités qui ont fait la fierté de tout le Bafing et de toute la Côte d’Ivoire, de très hautes personnalités parmi lesquelles l’on a pu compter des Vices présidents de l’Assemblée nationale, allant jusqu’à la 1ère Vice-présidence de l’Assemblée nationale. Si je ne m'abuse, je pourrais dire que Touba était quelque peu le Quartier latin de la Côte d’Ivoire de par la qualité de ses cadres. Mais aujourd’hui, face aux enjeux stratégiques auxquels notre Président a dû faire face consécutivement à la disparition de notre illustre regretté, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, l’heure est au renouvellement de notre engagement à tous, face aux innombrables défis qui nous attendent, défi de cohésion, de réconciliation et de paix entre tous les Ivoiriens. Il appartient donc à chacun de s’impliquer et de jouer son rôle dans ce noble combat de recherche du développement de la Côte d’Ivoire en général et du Bafing en particulier, après ces périodes difficiles que nous avons connues.
Le Bafing, c'est aussi les querelles de leadership à ne pas finir. Avez-vous des solutions pour juguler cette situation ?
Vous savez, je n’accorde aucune importance aux querelles de leadership car je n’en vois aucune utilité. Le combat qui mérite d’être mené, c’est le combat de la fraternité, de l’union et l’unité entre tous les fils et toutes les filles de la Côte d’Ivoire et du Bafing. Partout où je suis passé, c’est ce combat que j’ai eu à mener avec des collaborateurs, des femmes et des hommes engagés dans la recherche des solutions face aux problèmes. De cette union, nous avons tiré la force pour réaliser de très grandes choses au bénéfice de l’intérêt général. Jamais, nous n’avons privilégié en aucune façon, un quelconque intérêt particulier. Je pense que chacun doit comprendre que c’est ensemble que nous gagnerons. C’est ce que je me suis toujours imposé comme sacerdoce, en vue de m’engager dans la promotion individuelle chaque fois que j’en ai eu l'occasion, et cela à tous les niveaux et dans tous les domaines, en mettant en œuvre des actions de soutien, d’entraide et de solidarité dont je tire une grande satisfaction. Je demeure cependant très réaliste, ainsi je prends la pleine mesure des querelles car elles sont aussi vieilles que le monde. Ce que nous allons faire, c'est de faire en sorte que les choses aillent autrement. À savoir, utiliser les ambitions des uns et des autres pour en tirer une plus-value. Notre région est riche en ressources humaines, en richesses naturelles et en forces vives comme les femmes et la jeunesse. Nous allons faire fructifier la synergie de tout cela pour en tirer le meilleur. Ne pas être arrogant avec quiconque mais donner à chacun et à chacune la place qui lui convient en fonction de ses compétences.
Il se raconte que vous n'êtes pas bien connu dans le Bafing. Qu’en dites-vous ?
Je me réjouis par la forme de votre question qui démontre le manque d’objectivité de cette assertion qui n’est que tendancieuse, et nous amène à nous demander où étaient tous ces acteurs politiques actuels du Bafing, ces dernières années ? Où étaient-ils quand nous, de 1984 à 1995, parcourions le Bafing de long en large, visitant tous les hameaux et campements et cela tous les week-ends durant ? Le ministre Ally Coulibaly, pourra en témoigner. Écoutez ! Pour être connu dans le Bafing, il faut être du Bafing tout simplement et personne ne pourra me l'enlever. Il y va du respect de l’ordre sociologique qui a toujours constitué la base fondamentale de l’essor de nos familles respectives. Aujourd’hui, je note avec beaucoup de fierté que d’éminentes personnalités du Bafing se distinguent fort heureusement, de par leur engagement pour notre région, ayant abandonné tout leur confort ailleurs où ils sont nés pour aller se consacrer à notre terroir commun. C'est cela l'essentiel. Fadika Issouf est bien connu dans sa région. Seulement, nous ne faisons pas de tapage autour de nos actions car nous sommes des croyants. Et la rétribution et la récompense sont à Dieu. Pour le reste, je vous mets au défi. Nous avons des amis et des sympathisants dans toutes les franges de la population. Les jeunes, les femmes, les notabilités nous sollicitent et nous réagissons positivement et massivement mais dans la plus grande discrétion avec la crainte du tout puissant.
Quel poste occupez-vous en ce moment au sein de votre famille politique ?
Je suis membre de la coordination nationale des cadres RDR puis Rhdp, membre du bureau politique et Coordonnateur régional associé. Je passe sur les autres rôles tout aussi stratégiques que j'ai joués efficacement et discrètement pour mon parti.
Pourriez-vous contourner votre parti s'il venait à porter son choix sur une personne autre que vous ?
Nous n'envisageons même pas ce cas de figure. Mon parti, le Rhdp, est mature. C'est toute une génération avec laquelle nous avons trimé pour la justice sociale et le bonheur du peuple ivoirien. Par conséquent, notre équipe a toutes les chances d'être retenue pour représenter Touba commune et la Côte d'Ivoire à l'Assemblée nationale dès mars prochain. En tout état de cause, je respecte la discipline de mon parti. Mais j'insiste pour dire que le Bafing a besoin de personnalités neutres, à équidistance des positions tranchées.
A.K. source sercom





