L’importance des institutions nationales de médiation dans la résolution pacifique des conflits et la promotion de la cohésion sociale
Depuis quelques années, l’instauration de la médiation institutionnelle comme instrument de résolution pacifique des différends au sein de notre société contribue à désengorger la justice.
Le Médiateur de la République pourrait jouer un rôle encore plus fondamental si le législateur élargissait ses domaines de compétence, à l’instar des autres institutions de médiation ou du protecteur du Citoyen, dans certains pays européens.
Aujourd’hui, en plus de la médiation administrative, dont l’exclusivité est accordée en Côte d’Ivoire au Médiateur de la République, il existe également la médiation professionnelle, qui fonctionne à titre privé.
La médiation professionnelle régie par l’Acte uniforme de l’OHADA sur la médiation, adopté le 23 novembre 2017 à Conakry (Guinée), permet aux parties en conflit, souhaitant éviter la lourdeur administrative et les coûts souvent élevés de la justice, de recourir aux services d’un Médiateur professionnel préalablement formé dans ce domaine.
La médiation professionnelle, contrairement à celle conduite par le Médiateur de la République est soumise au paiement d’honoraires par les parties.
Le Médiateur professionnel a un domaine d’intervention plus large car il peut être saisi de litiges d’ordre privé (conflits familiaux par exemple) par les parties en conflit ou même par le juge dans le cadre d’un procès.
Dans le premier cas, on parle de médiation conventionnelle et dans le second, de médiation judiciaire.
Depuis quelques années, plusieurs Médiateurs professionnels exercent en Côte d’Ivoire, contribuant ainsi à la résolution pacifique des différends au sein de la société. Cette percée de la médiation en tant que mode alternatif de règlement des différends permet de mettre en œuvre la maxime du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny qui affirmait : « Le dialogue est l’arme des forts ».
Il est certes plus facile de faire la guerre que de dialoguer, mais le dialogue demeure la meilleure option pour sortir d’un conflit, en évitant autant que possible les pertes humaines et les dégâts matériels.
La médiation professionnelle recherchant encore, dans notre pays, ses marques dans le giron des modes de règlement amiable des conflits, le Médiateur de la République qui compte aujourd’hui plus de trente ans d’existence doit davantage démontrer son utilité sociale. Dans cette perspective, la création des délégations régionales rapprochant les usagers de l’institution est une aubaine à saisir par les populations.
A ce jour, on compte 20 délégations régionales animées par des Médiateurs délégués, avec pour objectif de couvrir l’ensemble des trente et une (31) régions administratives du pays.
Au demeurant, les missions du Médiateur de la République sont importantes : contribuer à la préservation de la paix sociale, au renforcement de la cohésion sociale et du vivre-ensemble pour le bonheur des populations.
Depuis le 10 mars 2026, l’institution nationale de médiation a un nouveau président, Gaoussou Touré nommé Médiateur de la République pour un mandat de 6 ans, non renouvelable.
Il devient le 4e Médiateur de la République depuis la création de l’organe national de médiation.
Ange Djeni
Journaliste et analyste politique





