Lutte contre l’excision/ Une association s’oppose à la répression et propose la reconversion des exciseuses
La présidente de l’Association culturelle zassa d’Afrique (Acza), basée en France et en Côte d’Ivoire, Martha Diomandé, engagée dans la lutte contre les Mutilations génitales féminines (Mgf) a rappelé à l’opinion nationale et internationale sa position sur la question de la lutte contre les mutilations génitales féminines. C’était au cours d’une conférence de presse organisée dans la commune de Marcory dans le cadre des activités de l’association prévues en juillet, à Kabakouma, dans le département de Biankouma à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Pour la militante de la lutte contre les Mgf, il faut « adapter la lutte contre l’excision en Côte d’Ivoire aux réalités de nos sociétés africaines. Au lieu de réprimer les personnes qui la pratiquent en les jetant en prison, il faut plutôt sensibiliser les exciseuses qui, pour la plupart, sont les matrones dans nos villages, à déposer les couteaux et les lames ». Elle propose ainsi une approche différente de tout ce qui a été proposé jusque-là. C’est-à-dire l’arrestation et l’emprisonnement des exciseuses. Pour elle, il faut tabler sur la reconversion de ces dernières et leur reconnaitre le mérite d’assister les femmes à l’accouchement dans les villages qui n’ont pas la chance d’avoir des agents de santé. « Je suis, moi-même, fille et petite-fille de matrones, j’ai été excisée à l'âge de 8 ans. Je pense que pour gagner cette lutte, il faut travailler sur le long terme, en laissant les exciseuses elles-mêmes mener leur propre réflexion, prendre progressivement conscience du danger que constitue la pratique ce l’excision. Et c’est ce que fait l’Acza », préconise-t-elle. Les actions qu’elle mène ouvrent la voie d'une halte pérenne et consciente de la pratique de l’excision dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Il s’agit entre autres actions du concept de la création de la case des femmes (lieu de retrouvailles, de sensibilisation et d’écoute) et du système de parrainage de jeunes filles pour les mettre à l’abri de l’excision. Aussi, le 3 juillet prochain, Martha Diomandé et son équipe se rendront à l’ouest où auront lieu l’inauguration de la ‘’maison des jeunes filles" dans le village de Magoin et "le Festival au féminin Dan" qui met l’accent sur « les célébrations des anciennes de la fête de l’excision sans l’ablation du clitoris ».
A.K.





