Mamadou Touré, porte-parole du Rdr aux ‘‘irréductibles’’: « C’est vous les traîtres…»
Le porte-parole du RDR n’a pas fait de cadeau aux ‘’irréductibles’’ lors du meeting en hommage aux président Bédié et Ouattara, samedi dernier à Bondoukou. Nous vous proposons l’intégralité de son adresse à la population.
« Chers frères du Pdci Rda
Le président d’honneur de notre parti, la présidente, le premier vice-président et la secrétaire générale nous ont chargé, ce jour, de vous apporter leur soutien et réaffirmer notre engagement pour le parti unifié Rhdp. En venant à cette cérémonie, il s’agit pour nous de manifester dans cet élan de solidarité, notre soutien sans faille à cette cérémonie d’hommage à deux grandes personnalités et deux grands hommes d’Etat que sont les Présidents Alassane Ouattara et son aîné Henri Konan Bédié. Hommes de vision, il a plu à ces deux personnalités, en 2005, de réunir autour d’eux, leurs frères Anaky Kobenan et Mabri Toikeusse pour mettre en place la plateforme des houphouëtistes. Je voudrais rappeler qu’au moment où cette plateforme se mettait en place à Paris, beaucoup ne vendaient pas chère la peau de notre alliance, le Rhdp. Pour beaucoup, cette alliance était une alliance circonstancielle. Certains l’avaient qualifié d’alliance entre le violeur et le violé et que cette alliance ne pouvait pas subsister jusqu’à l’élection présidentielle. Heureusement, la grandeur d’esprit de nos deux chefs et leur vision ont permis de faire mentir plus d’un. Cette alliance a démontré qu’elle est une alliance qui va au-delà des questions électoralistes puisque nous avons pu mettre en place, ensemble, un programme commun de gouvernement. Cette alliance nous a permis de gagner l’élection présidentielle de 2010. Et lorsque certains ont voulu voler notre victoire, nous étions contraints de nous retrouver au Golf hôtel à nous battre pour la restauration de la démocratie. Au Golf hôtel, nous étions en Rhdp. Je voudrais rappeler à ceux qui semblent oublier que pendant les quatre mois que nous avons passés au Golf, nous avions tous un destin commun : celui de réussir ensemble ou de périr ensemble parce que les orgues de Staline étaient dirigés sur le Golf hôtel. Il suffisait que ces orgues de Staline soient tirés pour que vos fils Adjoumani, Fofana Siandou, le vice-président Abinan, le président Bédié, le président Ouattara et l’ensemble des cadres du Rhdp se retrouvent dans un même cimetière au Golf hôtel. Mais il a plu à Dieu que ce destin funeste ne se soit pas réalisé. Nous étions pendant quatre mois au Golf hôtel. Et ça, le Premier ministre Amadou Gon l’a rappelé. C’est au Golf hôtel que les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont demandé à leurs cadres de commencer à réfléchir sur la création d’un parti unifié. L’idée du parti unifié date donc de cette époque là. Certains semblent oublier. Avant même d’être reclus au Golf hôtel, entre les deux tours de l’élection présidentielle, nos militants du Rhdp ont subi la tyrannie du pouvoir Gbagbo. Certains semblent oublier qu’ici en Côte d’Ivoire, sur les portes de certaines cours, l’on écrivait les lettres ‘‘D’’ pour ‘‘Dioula’’ et ‘’B’’ pour ‘‘Baoulé’’ parce que ces gens se réclamaient du Rhdp. Certains semblent oublier que le 16 décembre 2010, des militants, au nom du Rhdp, sont sortis à la maison du Pdci à Cocody. On ne savait pas qui était Pdci, qui était Rdr, qui était Udpci, Upci, Mfa ou Pit. Ils se sont tous retrouvés à la maison du Pdci pour la même cause : celle de la restauration de la démocratie. Ils ont été tués et ils sont morts au nom du Rhdp. On oublie aussi que les sept femmes qui ont été tuées à Abobo ont été à la base de la chute de Laurent Gbagbo. C’est après la mort de ces sept femmes que les Etats Unis ont qualifié le régime Gbagbo de « faillite morale » que le Conseil de sécurité s’est réuni, en urgence, et que les Nations Unies ont autorisé les forces onusiennes et Licorne à détruire les armes lourdes de Laurent Gbagbo. On oublie que ces jeunes femmes pour lesquelles Gbagbo fait l’objet d’un procès aujourd’hui à La Haye ont répondu à l’appel du Rhdp. Elles ont répondu à l’appel de Guikahué, d’Amadou Soumahoro, de Djédjé Mady et de l’ensemble des cadres du Rhdp. Quels que soient nos positionnements, quels que soient nos intérêts personnels, nous n’avons pas le devoir de trahir la mémoire de ceux qui sont sortis à cause de nous, qui ont cru en nous et qui ont cru au combat que nous menions allait au-delà de nos postes et était pour la Côte d’Ivoire. C’est cette vision que les deux présidents essaient de faire avancer non sans difficulté parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas deux camps au Rhdp. Ça, je peux vous l’assurer, Monsieur le ministre Adjoumani. Ce n’est pas le Rdr qui est opposé au Pdci, ce n’est pas le Mfa qui est opposé au Pdci... Ce sont deux visions de la Côte d’Ivoire qui s’affrontent. Les enfants d’Houphouët Boigny qui pensent que le véritable héritage, c’est la paix et la stabilité. Et que c’est parce que nous n’avons pas su gérer cet héritage que nous avons eu le coup d’Etat de 1999 et la parenthèse de la rébellion et que plus jamais cela ne doit se reproduire en Côte d’Ivoire. Ceux qui le pensent savent qu’il y a des sacrifices qui sont nécessaires. Le Rdr, qui est un parti martyr qui a perdu beaucoup de militants, sait qu’il y a des sacrifices qui sont nécessaires. Mais les sacrifices pour la Côtes d’Ivoire sont plus grands que ceux du Rdr. Le Pdci sait que le sacrifice qu’il peut faire pour amener ce pays à être stable et en paix est plus grand que tout. Il en est de même pour l’Udpci, le Mfa et le Pit. C’est pour cela que nous sommes de ce camp là où il n’y a pas le Rdr, il n’y a pas le Mfa, le Pdci, le Pit. Dans ce camp, il y a le Rhdp pro-parti unifié.
De l’autre côté, il y a ceux qui sont mus par un calcul mesquin et égoïste, ils sont mus par leurs intérêts et ne voient pas plus loin que leurs propres intérêts. Ils sont prêts à remettre ce pays à genoux s’ils ne sont pas satisfaits. Mais la bataille des idées va s’engager et le débat va s’ouvrir pour que, de façon claire, les Ivoiriens sachent quelles sont les deux visions qui s’affrontent. Le meilleur héritage que les président Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara puissent nous laisser, c’est la paix et la stabilité. Ceux qui se battent aujourd’hui ont tout eu. Si certains n’ont pas eu sous Houphouët Boigny, ils l’ont eu sous Henri Konan Bédié. S’ils ne l’ont pas sous Henri Konan Bédié, ils l’ont eu sous Alassane Ouattara. Mais qu’est ce que vous allez laisser à tous ces jeunes ? En Côte d’Ivoire, dans 10 ou 15 ans, on ne parlera même plus de Guikahué, on ne parlera plus d’Amadou Soumahoro, on ne parlera plus de Kandia Camara. Mais qu’est qu’on laisse aux jeunes dans 20 ou 30 ans ? C’est la bataille que nous sommes en train de mener.
Monsieur le ministre Adjoumani, nous vous réitérons notre soutien. Il faut tenir bon. Nous sommes avec vous. Certains voudraient nous complexer en traitant ceux qui ont cette posture de traitres. Mais les traitres, c’est ceux qui trahissent la mémoire de ceux qui sont tombés au nom du Rhdp. Les vrais traitres, c’est ceux qui ont dit à nos militants de sortir parce que nous étions porteurs d’une promesse pour la Côte d’Ivoire et qui trahissent aujourd’hui cette promesse au nom de leurs intérêts individuels. Les traitres, c’est ceux qui veulent laisser de côté le message qu’Houphouët Boigny nous a laissé. Je me rappelle encore de son discours de 1986 où il disait qu’il souhaiterait que ses enfants soient unis et que le meilleur d’entre eux puisse continuer à gouverner ce pays. Je me rappelle encore sa grande conférence de presse de 1986 où il disait que dans 30 ans, des jeunes générations allaient relever les défis du développement de notre pays. Quand vous prenez 1986 et que vous faites plus 30 ans, nous sommes en 2016. En réalité, si nous ne voulons pas trahir la mémoire de Félix Houphouët Boigny, nous sommes obligés de faire en sorte, au côté du président Henri Konan Bédié et surtout au côté du président Alassane Ouattara et au sein du gouvernement pour que tous les jours, nous puissions gagner la bataille de l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. C’est là le vrai débat. Nous n’avons pas été élus pour mener des débats de succession. Nous avons été élus pour transformer les conditions de vie de nos concitoyens. Et c’est ce que Houphouët Boigny attend de nous. Ceux qui ne veulent pas le faire sont ceux qui sont en train de trahir la mémoire de Félix Houphouët Boigny. Nous voulons donc vous réitérer notre soutien. Et j’ai dit, le seul et unique porte-parole du Rhdp, s’appelle Adjoumani Kobenan. Et comme la décision de nommer un porte-parole est une affaire consensuelle, pour l’heure, celui en qui nous nous reconnaissons comme seul et unique porte-parole du Rhdp, c’est le ministre Adjoumani. Monsieur le ministre, vous avez tout le soutien de vos frères du Rdr. Votre leadership dans la région doit continuer à s’affirmer avec vos frères et soeurs. Je puis vous dire qu’avec la bénédiction de Madame la ministre Kandia Camara et avec la bénédiction du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, si vous décidez de faire acte de candidature au conseil régional, vous aurez notre soutien. Vous aurez notre soutien parce que vous êtes dans la vision du parti unifié. Mais bien évidement, vous devez travailler avec l’ensemble de vos frères pour que le Rhdp unifié soit affirmé dans cette région. C’est le message dont je suis porteur. Excellente fête à tous.
Vive le Rhdp ;
Vive la Côte d’Ivoire,
Je vous remercie »





