Les jeunes de M'batto-Bouaké, village de la sous-préfecture de Bingerville, se sont violemment dressés contre la gendarmerie, le samedi dernier. Ils entendaient afficher clairement leur désolation par rapport à ce qu'ils qualifient d'injustice criante. Car pour eux, l'administration préfectorale est décidée à écarter, Edouard Badiglon Anoman  chef actuel, du pouvoir pour imposer un autre chef proche de l'ancienne chefferie. Avec les jeunes, les femmes étaient tout aussi déterminées. En témoigne, leur mobilisation, le samedi, 13 février dernier. Elles ont  bravé les intimidations et la charge des gendarmes en offrant elles-mêmes leur arrestation.

« Arrêtez-nous, nous toutes », s’écriaient certaines d’entre elles. Comme pour crier leur désarroi. Des veilles femmes n’hésitaient à se jeter par terre. L'on a assisté, ce samedi, à une chasse à l'homme dans M'batto-Bouaké. Les gendarmes furieux, ont pourchassé les jeunes, jusque dans leurs maisons. Les tirs répétés de  gaz lacrymogènes faisaient penser à l'atmosphère de la crise postélectorale. Une situation qui a contraint bon nombre de personnes à quitter le village.

Tôt le samedi matin, le village était mobilisé pour faire barrage au projet d’installation d’un nouveau chef par le sous-préfet, Oswald Bedia Anoh.

Aux environs de 9 heures, il règne une atmosphère de tension caractérisée par  plusieurs attroupements, de jeunes et la présence remarquée de cargos de gendarmes. La tension est montée d'un cran à la suite de l'interpellation deux jeunes. Les populations ont réclamé leur libération. Des échauffourées ont éclaté aussitôt entre les populations et les gendarmes déployés sur les lieux et créant une atmosphère de guerre dans le village. Finalement le projet d’installation d’un nouveau chef n’a pu se réaliser face à la détermination des populations engagées dans leur grande majorité autour du chef actuel.

Ces affrontements avaient démarré la veille, le vendredi soir. Selon les sources concordantes, aux environs de 23 heures, des cargos de gendarmeries ont fait irruption dans le village, à la surprise générale. La nuit a été mouvementée car les forces  de l'ordre ont tiré plusieurs gaz lacrymogènes pour dissuader les  populations en colère.

Les populations se disent révoltées par ces tentatives de destitution du chef Edouard Anoman qui, en quelques années seulement de règne leur a redonné espoir, à travers ses réalisations sociales au profit du village.

« Grâce au chef Edouard, nous allons enfin disposer d’un centre de santé avec une maternité, d’un foyer des jeunes, de l’extension de l’électrification, d’une école maternelle, du siège de la chefferie et bien d’autres réalisation déjà construite, d’un. Nous n’accepterons pas la combine qui est en cours », a fulminé un habitant du village qui a requis l’anonymat.

La situation reste tendue au village et nécessite l’intervention de l’administration territoriale.

Suite à des accusations de mauvaise gestion portées par les dissidents et jusque-là non prouvées, le chef  Edouard Badiglon Anoman a été suspendu pour six mois, par un arrêté préfectoral le 21juillet 2020 qui est arrivé à expiration le 21 janvier 20121. Après l'expiration de cette suspension, le chef peine à retrouver son fauteuil. Les populations soupçonnent des manœuvres souterraines visant à destituer leur chef en le couvrant des accusations sans fondement et en utilisant la force publique notamment la gendarmerie d’Agban.

A.K.