Média / « Après l’assurance maladie et le fonds de solidarité, nous lançons cette année le projet immobilier », Cissé Sindou, PCA de Ms-média
Elu à la tête du Conseil d’administration de la Mutuelle générale des médias privée de Côte d’Ivoire (MS média), il y a deux ans, le journaliste Cissé Sindou et ses collègues conseillers se battent pour imposer la structure dans le milieu des organisations sociales. Il partage dans cet entretien les acquis et les défis à relever pour l’amélioration des conditions de vie des professionnels de médias.
Après deux ans de gestion à la tête de la Mutuelle générale des médias privée de Côte d’Ivoire, quel bilan faites-vous ?
Aujourd’hui on peut dire que la mutuelle a pris forme. Lorsqu’on faisait l’Assemblée générale constitutive en février 2017 à Grand Bassam, le premier défi était de mettre en place l’administration de la mutuelle, de constituer la mutuelle en tant que structure. Donc il fallait commencer les démarches pour obtenir l’agrément. Il s’agit d’une mutuelle sociale qui est sous la tutelle du ministère des Affaires sociales. Donc au bout d’une année de procédure, nous avons pu obtenir cet agrément. Et parallèlement pour constituer physiquement la mutuelle nous avons ouvert un bureau provisoire pour commencer. Mais aujourd’hui on a notre siège. Donc la mutuelle a une administration avec des bureaux qui fonctionnent. Et ça c’est très important parce qu’on vient du néant et aujourd’hui on a un repère. Ensuite, le deuxième défi de la mutuelle c’était l’assurance maladie qu’on a lancé en janvier 2018. Au bout de deux ans, nous sommes à l’autogestion. Donc notre assurance maladie est dans sa 3ème année de fonctionnement mais nous avons fonctionné pendant les deux premières années avec la délégation du volet technique de cette assurance à une maison d’assurance. Ces deux ans nous ont permis d’acquérir l’expérience pour aller à l’autogestion. Et cette année, grâce à l’acquisition de notre logiciel de gestion avec l’appui du Fonds de soutien et de développement de la presse (Fsdp), depuis le premier janvier 2020 nous sommes passés à l’autogestion. C’est un pas très important parce que ce n’était pas évident. Il y a des mutuelles qui ont attendu 5 ans pour passer à l’autogestion. Mais grâce à la mobilisation de tous dans le secteur, la MS média est passé cette année à l’autogestion. Donc nous produisons nous-même nos cartes d’assurés et nos bons. Nous avons aussi nos médecins conseils. Donc tout le processus se passe à la MS Média du début jusqu’à la fin. Par ailleurs, nous avons lancé un troisième produit qui est le fond de solidarité que nous avons lancé dans le courant de l’année 2018. C’est un fonds d’entraide pour se soutenir en cas d’événements heureux ou malheureux. Les cotisations mensuelles sont à 2 000 F Cfa. En cas de décès du souscripteur, on remet 500 000 F Cfa à sa famille. Quand il perd son père ou sa mère déclaré pendant la souscription la mutuelle lui remet 300 000 F Cfa. Et puis, en cas de naissance c’est 50 000 F dont 20 000 F en nature. Il y a aussi le mariage civil. La mutuelle remet 150 000 F Cfa en espèce au marié ou au marié à jour de ces cotisations.
Vous avez aussi des projets immobiliers…
Effectivement, nous avons aussi le programme immobilier qui se déroule en deux phases. Il y a la phase d’acquisition de terrains et la phase de construction de logements. Donc nous avons fait déjà une phase d’acquisition de terrain qui a commencé en 2018 avec les négociations. Nous avons signé la convention de partenariat avec une structure de la place le 31 décembre 2018 et les souscriptions ont commencé en janvier 2019. Donc pour des lots de 500 m2 à Bingerville les mutualistes qui ont souscrit avec un apport initial de 500 000 F Cfa ont un délai de 30 mois pour solder. Et tous ceux qui ont souscrit continuent de payer. Et on devait au cours de cette année 2020 remettre les lots de ceux qui auront fini de solder. C’est la première phase pilote avec une vingtaine de lots. Nous travaillons activement sur la deuxième phase qui va concerner plus de lots. Nous sommes en négociation avec des opérateurs du foncier. Nous avons entamé déjà les démarches pour cette phase plus élargie.
Il y a eu quelques difficultés à la fin de l’année 2019 dans le fonctionnement de l’assurance MS Média qui ne passait pas dans certaines pharmacies et cliniques. Certains mutualistes ont eu du mal à avoir accès à des soins et services avec leurs cartes d’assurances. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Effectivement il y a eu un disfonctionnement. C’est l’une des raisons pour laquelle on passe à l’autogestion. En fait, nous étions en partenariat avec une compagnie de la place et nous utilisions la même carte que cette compagnie, les bons ainsi que bien d’autres documents. Malheureusement, il est arrivé que chez les prestataires cliniques ou pharmaceutiques, quand des mesures sont prises à l’encontre de cette compagnie, nous sommes aussi touchés. Et malheureusement, nous avons beaucoup fait les frais. Donc c’est la raison pour laquelle nous avons connu ce disfonctionnement. Et le passage à l’autogestion est appelé à résoudre cette question. De sorte qu’aujourd’hui nous nous battons pour respecter les délais de paiement. Ce qui fait qu’aujourd’hui, lorsqu’on a la carte MS Média, à part les problèmes techniques dus au logiciel que nous utilisons, qui est d’une dernière génération, normalement les mutualistes à jour de leurs cotisations ont droit à tous les soins et services dans les pharmacies et centres qui sont dans notre réseau. Mais je tiens à préciser que pour que ça fonctionne normalement, il faut que la MS Média paie les factures des prestations des cliniques et des pharmacies qui sont des structures privées. Et nos principales ressources viennent des cotisations. Donc nous lançons un appel aux mutualistes afin qu’il fasse de la MS Média leur priorité pour que les cotisations soient payées et permettre à cet outils d’assistance sociale qui est en train de nous aider à nous épanouir au plan social.
La MS Média compte aujourd’hui combien d’adhérents ?
Selon les derniers chiffres, nous avons plus de 600 adhérents titulaires et un total de plus de 2 200 bénéficiaires. Parce que nous avons en moyenne 6 enfants bénéficiaires pour chaque adhésion.
Comment va se faire l’arrimage de l’assurance de la MS Média avec la Couverture maladie universelle (Cmu) ?
La MS Média est une assurance santé comme tout autre produit d’assurance. Donc l’arrimage avec la Cmu va se passer comme ça se fait avec les autres assurances. Nous avons un accord avec la Cmu qui accepte de faire venir une équipe pour l’enrôlement de tout groupe de 60 personnes. Et le délai fixé par le gouvernement pour les enrôlements est le 1et Avril. Nous invitons donc tous les mutualistes à récupérer la fiche d’identification auprès des délégués de la MS Média ou la télécharger sur le site de la Cmu et la mettre à la disposition du délégué ou du chef d’entreprise qui va se charger de les transmettre à la MS Média. Et chaque fois qu’on atteindra le nombre de 60 inscriptions, on peut faire venir une équipe de la Cmu. Nous demandons donc à tous les mutualistes d’aller se faire enrôler à la Cmu, au risque de ne plus bénéficier des prestations de la MS Média.
Quelles sont les perspectives de la MS Média pour l’année 2020 ?
En 2020, nous comptons avant toutes choses, travailler à la maîtrise de l’autogestion, parce que nous venons de la commencer. Donc nous sommes une mutuelle sociale. C’est vrai que nous avons acquis de l’expérience après deux années de gestion au quotidien. Mais il faut renforcer les acquis de ces deux années de gestion. Il faut faire en sorte qu’au niveau technique, chaque fois que quelqu’un se rend dans une clinique ou une pharmacie, la prise en charge se fasse rapidement. Nous réfléchissons aussi à des stratégies pour réduire nos charges Nous avons aussi le projet du centre de santé de la MS Média. Et le local qui est ciblé c’est l’infirmerie de la Maison de la presse d’Abidjan. Il y a tout un projet autour de ce centre pour en faire un centre de premier contact pour qu’on puisse gagner ce que nous perdons aujourd’hui en termes de frais d’hospitalisation dans les cliniques. Donc c’est l’un des projets phares de l’année 2020. Il y a aussi la deuxième phase du projet immobilier dont je vous ai déjà parlé. 2020, c’est aussi le social. Nous allons renforcer le social. Nous allons faire en sorte que le fonds de solidarité soit renforcé afin que l’assurance MS Média finisse par toucher tous les aspects de la vie (la santé, les événements heureux et malheureux mais aussi l’accès au logement).





