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Accueilli en fanfare dans l'univers artistique, Michel Baroan, Dg suspendu du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) est en phase avec le processus de réconciliation entamé pour la paix en Côte d'Ivoire. Sans détour, l'ex-président de l'Union internationale des Ivoiriens réfugiés de France s’ouvre à cœur joie.

 

De retour au bercail après une longue absence pour cause d’exil en France, êtes-vous satisfait de l’accueil de vos compatriotes ?

Il faut bien comprendre que l’exil du simple fait de l’éloignement de sa patrie, de sa famille et des personnes que nous affectionnons, est toujours pénible et difficilement supportable. Vous ne pouvez même pas imaginer la joie qui m’anime en ce moment. Ma famille, mes amis et les Ivoiriens en général m’ont accueilli chaleureusement. Tout se passe super bien et je profite de cette occasion pour remercier le chef de l’Etat, Alassane Ouattara qui a facilité et encouragé le retour de tous les membres de l’Union internationale des réfugiés ivoiriens de France par l’intermédiaire de l’ex-ambassadeur de Côte d’Ivoire Charles Gomis avec qui j’ai eu plusieurs séances de travail.

 

Avez-vous fait des constats notables depuis votre retour au pays ?

Evidemment, je constate avec une grande admiration les réalisations herculéennes dans notre pays. Et cela est l’œuvre du président de la République, Alassane Ouattara qui est un grand bâtisseur et une chance pour notre pays. Des ponts, des échangeurs çà et là, de nouvelles bâtisses et surtout notre pays est devenu super propre à l’image des pays occidentaux. Des routes bitumées partout. Des autoroutes et du bitume dans tout le pays. C’est formidable. En tant qu’intellectuel et technocrate, je salue le travail abattu par le chef de l’Etat. Je constate que le pays s’est modernisé et les Ivoiriens sont au travail.

 

En tant que président de l’Union internationale des exilés et réfugiés ivoiriens de France, peut-on dire que votre retour a inspiré certains membres de votre association à revenir au pays ?

Bien entendu après les différentes rencontres et séances de travail que j’ai eues avec l’ex-ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, les assurances nous avaient été données au nom du chef de l’Etat en ce qui concerne notre sécurité et notre réintégration professionnelle. Je voudrais saluer la dynamique ministre Marietou Koné qui a facilité et favorisé la réintégration de tous les exilés fonctionnaires à la Fonction publique. Certains de nos amis ont eu le rappel de leur salaire. Les plus chanceux ont eu des avancements et des promotions. Malheureusement, je constate que nous qui sommes du secteur privé n’avons pas encore été réintégrés dans nos emplois respectifs. Me concernant, je suis suspendu de mes fonctions de directeur général du Burida par arrêté du ministre de la Culture d’alors datant du 15 juin 2011. L’administration étant une continuité, j’ai demandé une audience à l’actuelle ministre de la Culture pour demander la clarification de ma situation administrative. Je pense qu’elle m’accordera cette audience au nom de la réconciliation nationale dès que son calendrier le lui permettra.

 

Êtes-vous de retour pour la réconciliation nationale ou pour vos propres affaires quand on sait que les sollicitations peuvent vous conduire à de nombreux changements de vie ?

Je suis de retour dans mon pays en tant que le président de l’Union internationale des réfugiés et exilés ivoiriens de France pour participer au processus de réconciliation en cours. Et ce, pour rassurer tous ceux qui hésitent encore à revenir dans notre pays. Nous qui ne sommes pas membres du FPI et assimilés malencontreusement du fait de notre appartenance ethnique demandons humblement au chef de l’Etat, le père de la nation de nous recevoir ou d’instruire les ministres concernés pour notre réintégration.

 

L’exil politique vous a-t-il été bénéfique du point de vue financier ?

L’exil à tout point de vue est vécu comme un déchirement, un déracinement et une souffrance psychologique. Contraint par des persécutions à vivre loin des siens et loin de son confort habituel est pénible. J’en ai profité en dépit des maux suscités pour me former dans les grandes et prestigieuses écoles Européennes dans divers domaines en vue d’être très compétitif sur le marché de l’emploi.

 

Suspendu par arrêté ministériel, le 15 juin 2011, seriez-vous prêt à rependre votre poste au nom de la réconciliation nationale ?

On peut servir son pays à tous les niveaux en tant que manager qui a déjà fait ses preuves en Côte d’Ivoire et en Europe. Je reste à la disposition des autorités de mon Pays. J’ai capitalisé mon exil européen pour acquérir de nouvelles compétences que je pourrais mettre à la disposition de mon pays. En Côte d’Ivoire, j’ai fait toutes mes armes au Burida. Recruté en 2004, j’ai occupé successivement les fonctions de chef de services de lutte contre la piraterie, de directeur d’exploitation, de directeur commercial et Marketing avant d’être recruté par un appel à candidature sur la base de mes compétences pour un mandat de 3 ans qui a été interrompu après une année par une suspension injustifiée.

 

Avez-vous rencontré les autorités actuelles du Burida pour le règlement de vos droits ?

J’ai saisi le Burida par courrier par l’entremise de mon conseil. Des négociations ont cours en ce moment qui aboutiront à un protocole d’accord transactionnel. Nous sommes en phase sur le principe. Cependant je constate quelques divergences dans le contenu du protocole proposé par le Burida. J’ai instruit mon conseil à continuer à discuter avec le Burida afin d’aboutir à un consensus qui ne lèse personne et qui respecte la dignité humaine.  Je suis suspendu depuis 10 ans et aucune procédure de rupture de mon contrat de travail n’a été entamée par le Burida. Mes comptes et mes indemnités de salaire avant ma suspension ont été gelés sans fondement juridique. Le Conseil de gestion actuel du Burida a donné des instructions au directeur général pour le paiement de tous mes droits.  J’attends de voir. Je voudrais remercier le chef de l'Etat Alassane Ouattara qui a autorisé le retour de tous les exilés. En ma qualité de président de l'Union internationale des exilés et refugiés de France, je souhaite que le chef de l'Etat nous reçoive, tous ceux qui sont revenus, pour lui dire merci de vive voix. Notre pays a besoin d’humilité et de pardon. Nous avons des besoins spécifiques à soumettre au président pour la réintégration de nos amis. Sur ce point précis, nous condamnons avec la dernière énergie tout acte de défiance pouvant mettre à mal la cohésion nationale.

 

Entretien réalisé par

Aimé Dnguy’s N.