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Beaucoup d’observateurs se demandent encore pourquoi seuls les deux chefs de l’Etat ivoirien et guinéen ont été conviés à la commémoration des 75 ans du débarquement de 1944 en Provence, le 15 août dernier.

 

Cette invitation livre ses secrets, quelques cinq jours après cette célébration. Selon le journaliste de France24 James André, « Alassane Ouattara et Alpha Condé ont des élections l’année prochaine en Côte d’Ivoire et en Guinée. L’un comme l’autre de ces deux chefs d‘Etat sont à la fin de leur deuxième mandat et la constitution de leurs pays respectifs leur interdit de se représenter. L'un et l’autre sont actuellement en train de modifier la constitution pour revenir sur ces règles. En tout cas pour se donner la possibilité de se représenter ».

 

Un repas avait été prévu et toujours selon le journaliste français confirmé par un diplomate, « l’un des thèmes de cette conversation est la modification de la constitution ». Toute démarche que la France ne soutient pas parce que cela serait source de trouble dans ces pays.

 

En conséquence, « les autorités françaises ont décidé de ne pas les encourager à le faire. Sarkozy a été invité à cette célébration, François Hollande convié, a décliné cette invitation. Nicolas Sarkozy connait très bien ces deux hommes, c’est peut-être l’occasion de leur montrer qu’il y a une vie après avoir été président de la République », a fait savoir James André. Voilà que la position de la puissance tutélaire est claire sur la question. Cette désapprobation sonnant comme une mise en garde d’Emmanuel macron contre les tripatouilleurs de constitution pour s’éterniser au pouvoir, en Afrique.

 

Dans une interview accordée à la télévision nationale à la veille de la commémoration du 59è anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara avait annoncé « des petites modifications à faire ».

 

« Il est clair qu’il y a des choses qu’il faut modifier dans la constitution mais ce n’est pas pour recaler des candidats. Je ne vois pourquoi une constitution devrait recaler des candidats, moi je ne souhaite pas être recalé en tout cas. Je ne vois pas pourquoi d’autres seraient donc recalés. Maintenant il faut épouser l’air du temps. Nous sommes un certain nombre à avoir un certain âge. Peut-être qu’à un moment donné, nous devons réfléchir à ce que nous pouvons donner à notre pays au-delà d’un certain âge. Nous remarquons qu’il y a de petites choses qui méritent d’être adaptées. J’essaierai de voir avec les uns et les autres, ce que nous devons modifier. Mais ce n’est pas dans une intention pour moi de ne pas avoir d’adversaires. Je ne suis de cette trempe-là », avait lâché le chef de l’Etat ivoirien.

 

Nombre d’observateurs y ont vu une manœuvre en vue d’écarter certains poids lourds à la présidentielle de 2020 même s’il tente d’écarter cette intention.

 

Officiellement, Emmanuel Macron avait interrompu ce 15 août sa trêve estivale pour participer aux commémorations du 75e anniversaire du débarquement en Provence à la nécropole de Boulouris, près de Saint-Raphaël (Var) où reposent 464 combattants. Le président français était accompagné de deux dirigeants africains : les présidents guinéen Alpha Condé et ivoirien Alassane Ouattara. Objectif : rendre hommage à ces soldats venus d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne qui ont participé à la libération de la France.

 

On ne peut pas dire que leur rencontre n’a pas été fructueuse.

 

Roland Assihué