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La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) ne sait plus où donner de la tête. Elle est submergée par la multiplication des coups d’Etat dans son espace. Le Mali, la Guinée et maintenant le Burkina Faso. Ses impertinences, ses deux poids deux mesures devant des situations similaires, son manque de considération des aspirations profondes des peuples et surtout ses allures dictatoriales à imposer des décisions sans tenir compte de la situation réelle sur le terrain ont refroidi cette organisation sous-régionale jadis un instrument d’intégration et de solidarité.

Agacée, affaiblie et visiblement impuissante face à l’alliance des trois colonels qui se dessine, l’organisation composée de présidents mal élus et anti-démocratiques, note dans son communiqué « très très réduit » malgré elle que, « les appels de la communauté régionale et internationale au calme et au respect de la légalité constitutionnelle, la situation au Burkina Faso est caractérisée par un coup d’Etat militaire ce lundi 24 janvier 2022 … ». 

Pour la Cedeao, se pose désormais la question de comment faire passer les sanctions face à trois pouvoirs militaires dans des pays qui se partagent des frontières, une même langue (le Français), dont deux se partagent la même monnaie (franc cfa au Mali et au Burkina). De surcroît, trois pays qui peuvent exploiter le port de Conakry à leurs guises.

En effet, selon plusieurs spécialistes, le dernier putsch au Burkina a considérablement compliqué la tâche de l’organisation sous régionale. Ces sources pensent que les trois colonels qui sont des amis qui se connaissent depuis de longues années, pourraient suivre l’exemple d’un Paul Kagamé et s’inscrire dans la durée dans le but de stabiliser durablement leur pays comme Kagamé le fait au Rwanda.

Les colonels Mamadi Doumbouya, Assimi Goïta et Paul Henri Sandaogo, à travers leurs coups d’Etat dans leurs pays respectifs, se dressent aujourd’hui comme des alternatives aux tripatouillages des constitutions, aux mandats illégaux, aux commissions électorales inféodées aux pouvoirs, élections truquées avec des adversaires exclus d’avance et surtout « aux gouvernements 20 ans ».

Pierre Alex Menant