Nouvelle Constitution ivoirienne / Epiphane Zoro Bi depuis Bouaké: ‘‘il est inopportun d’appeler à voter ‘‘OUI’’ pour la constitution sans connaître le contenu’’
‘‘Nous entendons ici et là, des personnes qui appellent à voter «Oui» pour la nouvelle constitution. Je voudrais qu’on fasse très attention. Personne n’a le contenu de la constitution parce que l’élaboration, la validation obéit à un processus bien établi. Nous sommes des républicains, et en face d’une telle situation, nous devons respecter les différentes étapes politiques, réglementaires, législatives de cet important processus constitutionnel. Car il y a un temps pour chaque chose. Pour l’heure, les experts sont à la tâche, en train de mener des consultations. Demain, la campagne sera ouverte! Demain, nous appellerons à voter «Oui», mais ce n’est pas aujourd’hui’’, a suggéré le magistrat Zoro Bi, lors d’un panel organisé par la Jeunesse républicaine active du département de Bouaké (JRADB), sur le thème ‘‘les enjeux de la nouvelle constitution ivoirienne’’ qu’il animé, le week-end dernier, au Jacques Aka.
Le magistrat a argumenté que la méconnaissance du contenu de cette nouvelle constitution devait amener les uns et les autres à se défaire de cette campagne à outrance qui est faite autour de celle-ci.
Selon le magistrat, cette campagne pourrait jeter le discrédit sur cette nouvelle constitution d’autant plus d’aucuns croiront que le contenu est connu d’un groupe personnes au détriment d’un autre. La campagne doit être axée sur la connaissance par la population du contenu et sur la méthode d’élaboration de celle-ci.
‘‘Cela donne l’impression que le contenu de la nouvelle constitution est déjà connu, dévoilé. Cela suppose également que nous sommes en campagne pour le referendum. C’est une attitude qui n’est pas bonne, et qu’il faut revoir. S’il doit avoir campagne, c’est sur le contenu de cette nouvelle constitution et la méthode d’élaboration’’, a-t-il insisté.
Toutefois, il a justifié les raisons d’être de la nouvelle constitution qui pour lui, est plus que nécessaire aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Car celle de 2000 contient des articles dits ‘‘confligênes’’.
‘‘Il y a des passages dans la constitution de l’an 2000 qui sont appelés des éléments «confligênes». Avec l’Accord de Marcoussis, tous les acteurs politiques étaient d’accords que la constitution contenait des problèmes’’, a indiqué le magistrat.
Pour finir, il a fait des suggestions quant à des éléments pouvant figurer dans la nouvelle constitution. Notamment, ‘‘donner plus de pouvoir à l’Assemblée Nationale afin d’exercer un pouvoir de contrôle de l’action du Gouvernement et des politiques publiques, donner un pouvoir constitutionnel à la décentralisation afin de booster le développement local’’.
HB





