Précieux Eric, homosexuel, membre de l’ONG « Arc-en-Ciel Plus » : « Je respecte les femmes mais je préfère les hommes »
Le Vih-Sida ne fait aucun cadeau dans la communauté des Lesbiennes, Gay, Bisexuels, Transgenre, Intersexe (LGBTI). Assistant administratif dans l’ONG « Arc-en-Ciel Plus », qui lutte pour l’accès aux soins de santé et contre la discrimination des populations clés, Eric Précieux lève un coin du voile sur sa sexualité.
En clair, c’est quoi votre sexualité ?
Je suis juste attiré par des personnes de même sexe que moi. Je respecte les femmes. Mais pour l’attirance sexuelle, je préfère les hommes.
Qu’est-ce qui a déclenché cette orientation sexuelle en vous ?
Je suis né homosexuel depuis le ventre de ma mère. Dans mon enfance, les gens me disaient chaque fois que j’avais les jambes de femmes. Et j’avais le comportement des femmes.
Quelle a été la réaction de ta famille ?
Je n’ai pas eu de problème avec ma famille. Mais sachez que ce que je mets en avant, c’est la culture de l’excellence et le travail bien fait. Je n’ai pas besoin d’enfant. Je me préfère ainsi.
Quel sentiment vous anime en tant que LGBTI ?
Cela ne me dit absolument rien. J’ai une vraie estime de moi. Je n’ai pas de problème avec mon identité. C’est ma sexualité qui est différente de celle des autres, sinon je suis comme tout le monde. La preuve, à l’école je suis resté toujours excellent. A cause de ma sexualité, j’étais toujours obligé de faire des efforts plus que les autres.
Quel est le type de pathologie que vous rencontrez très souvent ?
C’est généralement des Ist, des condylomes. C’est un peu semblable aux hémorroïdes. Et ceux qui ont des maladies d’ordre général.
Que fait concrètement l’ONG « Arc en Ciel Plus » sur le terrain ?
A l’Arc en ciel, nous faisons la sensibilisation, le plaidoyer et le suivi des personnes vivant avec le Vih dans la communauté LGBTI et l’accompagnement des personnes victimes de violences sexuelles et le rejet dans la société et par leur famille. Nous essayons d’insérer certains dans la société et d’autres à l’école.
C’est ce qui a poussé à la création de cette structure ?
Nous avons voulu lutter pour la cause des personnes clés c’est-à-dire les professionnelles du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres homme (HSH) et les usagers de la drogue. Elles sont le plus souvent marginalisées et rejetées dans la société. Et inciter toute personne faisant partie de la communauté à se faire dépister dans les hôpitaux. Notre rôle est aussi de faire comprendre à tout le monde que les personnes LGBTI sont des hommes normaux. Seulement qu’ils ont une orientation sexuelle différente de celle des autres. La mission principale à accomplir, c’est d’atteindre les 3.90 que l’Etat de Côte d’Ivoire demande.
Combien de personnes avez-vous en charge dans votre structure ?
Au sein de l’ONG, nous avons des pères éducateurs. Des superviseurs, des chargés de communication. Nous avons plus 50 personnes qui sont actives dans l’ONG. En dehors de celles-là, nous avons plusieurs membres avec qui nous faisons nos activités. Ces personnes prennent part tout simplement aux activités de l’ONG.
Quel est le regard des professionnels de santé lorsque vous vous rendez dans les hôpitaux ?
Au début de la création de notre structure, ce n’était pas facile. On était toujours la risée des médecins quand ils nous voyaient. Nous avons fait des plaidoyers afin d’avoir les centres de santé où les LGBTI peuvent se faire soigner facilement. Pour la santé publique, il ne faut pas faire de la discrimination. Parce que le combat commun, c’est l’éradication du VIH-SIDA en Côte d’Ivoire.
Est-ce qu’aujourd’hui les choses ont changé à l’endroit de la communauté ?
Il y a une évolution. C’est pour ça que j’exhorte tous les membres de la communauté LGBTI à aller se faire dépister dans les hôpitaux. On ne joue pas avec le Vih-Sida. Tout a été mis en place pour un bon accueil.
Entretien réalisé par A.Z.





