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Doit-on continuer avec ce contingent d’hommes et de femmes programmés à tout applaudir, à tout voter, à tout approuver ? Ces hommes et femmes égarés dans un univers dont ils ignorent la mission, qui occupent des sièges juste pour jouir paresseusement des émoluments rattachés à leur statut ?

Les populations continueront-elles de porter leur choix sur celui/celle qui leur aura offert le plus grand nombre de bouteilles de liqueur et de machines à broyer le manioc, les enveloppes les plus consistantes?

Les populations, cette année, encore seront-elles plus sensibles aux candidats, acheteurs d’ordonnances médicales et contributeurs généreux aux frais funéraires des concitoyens qui meurent à la pelle faute d’une assistance sociale hardie ?

Les populations continueront-elles de vendre leur conscience en échanges de prébendes aux origines douteuses au détriment de l’intérêt général ?

Le député ivoirien a cessé d’être l’interface entre le gouvernement et la population, celui qui descend sur le terrain pour enregistrer les attentes et les aspirations pour les traduire en lois à voter ou à modifier, celui dont l’un des rôles essentiels est d’expliquer à la plèbe les textes de lois pris au parlement et les décisions du gouvernement.

Que pouvons-nous attendre d’un député élu indépendant parce que n’étant pas le choix de son parti, et qui finalement est  cueilli comme un fruit mûr à coups de billets de banque ou de promesses capiteuses ?

Il suffit d’observer cette lutte de charbonniers, au mépris de règles démocratiques, au sein des chapelles politiques pour comprendre, que la véritable motivation de ces pseudo-défenseurs du peuple est aux antipodes des intérêts des populations.

Nous pensons qu’avant toute échéance législative, il faut initier des formations en faveur des potentiels candidats sur le rôle d’un député ou encore d’un parlementaire. Ce qui nous est donné à voir depuis des années est simplement écœurant. La précampagne et la campagne sont des foires aux mensonges et démagogies.

Combien de députés en fin de mandat ou de candidats à la députation savent-ils, par exemple, qu’ils peuvent déposer des lois ou/et proposer un amendement aux textes à eux soumis ? Qu’ils ont le droit d’interroger le gouvernement sur son action s’ils la trouvent brumeuse ? Qu’ils peuvent proposer qu’on mène une enquête sur un ministre cité dans une affaire nébuleuse susceptible de souiller la réputation du pays ? Qu’ils peuvent signer une motion de censure et la soumettre au vote de l’assemblée ?

Combien de lois ivoiriennes portent-elles le nom d’un député ? Quel député a-t-il tenté une fois, une seule fois, de voir de près la situation de la femme, des secteurs du transport, de la construction, du foncier etc. bien connus comme des secteurs à problème.

 

Notre pays mérite mieux que cette Assemblée de complimenteurs ennuyeux, de jouisseurs repus, de rigoleurs faciles. Nombreux sont les députés qui n’ont aucune idée de leur mission et qui s’en moquent éperdument et, mieux, sont payés par le contribuable à ne rien faire. Et comme cela ne suffisait pas, on érige un Sénat pour récompenser tous ceux qui ont été recalés aux portes du gouvernement ou consolider la position de certains hommes et femmes dans leur région.

Il revient à la population d’élire des candidats outillés pour les représenter réellement en s’affranchissant de cette âme sans aucune épaisseur, formatée pour ramper et lécher.

Pouvons-nous rêver ?

 

Par Etty Macaire, Écrivain