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Le substitut du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), Mc Donald était devant la Cour hier, à la Cpi. Il  a soutenu les arguments du bureau  du procureur qui inculpent Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

 

L'audience tant attendue est ouverte, hier lundi 1er octobre, devant la Cour pénale internationale (Cpi) à La Haye. Le Bureau du procureur soutient qu'en vertu des éléments de preuves présentés, Laurent Gbagbo peut être déclaré coupable. Les avocats de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé ont été autorisés à plaider l'acquittement en faveur de leurs clients. En effet, au terme de la déposition des 82 témoins à charge, le juge-président Cuno Tarfusser avait demandé à la procureure Fatou Bensouda de rédiger un mémoire dans lequel elle soutiendra la pertinence des témoignages de ses témoins quant au "plan commun concocté par le camp présidentiel d'alors pour se maintenir au pouvoir, par tout moyen". Ce qui fut fait. Aussi avant le passage des témoins à décharge, les deux défenses ont-elles déposé une requête dans lesquelles elles demandent le non-lieu en faveur de leurs clients, pour insuffisance de preuves. Cependant, à l'ouverture de l'audience afférente à cette demande, hier lundi, le bureau du procureur a d'ores et déjà planté le décor. « A mi-parcours de la procédure, est-ce qu'il y a des éléments de preuve qui ont été présentés, et qui ont fait l'objet d'arguments présentés devant cette chambre de première instance qui permettrait à toute chambre de première instance qui agirait de façon raisonnable, de déclarer les accusés coupables ? », s'est interrogé un membre du Parquet. Poursuivant, il répond de façon formelle : « Nous avançons que la réponse à cette interrogation est affirmative. M. Mc Donald va vous présenter les éléments de preuves pour vous expliquer pourquoi nous répondons ainsi à cette question. » Le ton est donc donné. Dans son exposé, l’accusation a souhaité que ce procès aille jusqu’à son terme, avec l’audition des témoins de la défense. Car soutient-elle, la Chambre ne serait pas suffisamment expérimentée à statuer sur un non-lieu à ce stade du procès. « Cette cour a une expérience très limitée de ce type de requête », a affirmé l’accusation. Dans la suite du procès, l’accusation s’est évertuée à démonter la requête introduite par les équipes de défense des deux accusées, celle de parvenir à la prononciation d’un non-lieu, à la phase de mi-parcours de ce procès ouvert depuis le 16 janvier 2016. Rappelons que pour les avocats de Laurent Gbagbo et Blé Goudé, les allégations soutenues par l’accusation ne seraient pas suffisamment solides pour justifier une condamnation de leurs clients. A les en croire, la relaxe pure et simple de leurs clients devrait être prononcée à ce stade du procès. Les défenses de l'ancien président Laurent Gbagbo et le ministre de la Jeunesse de son dernier gouvernement, Charles Blé Goudé, tenteront à leur tour de casser toutes les accusations portées contre leurs clients, en démontrant l'insuffisance des preuves présentées par l'accusation. Les débats s'annoncent donc très houleux.

Quatre chefs d’inculpation

 

Les demandes sont similaires dans le camp de la défense de Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à l’ancien président. M. Blé Goudé aurait été à la tête d’hommes ayant tué et violé des centaines de personnes, dans le but de maintenir le président Gbagbo à la tête du pays. Les deux hommes, dont les affaires ont été jointes en 2015 devant la CPI, sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Tous deux ont plaidé non coupable. Les violences en Côte d’Ivoire ont fait plus de 3 000 morts en cinq mois, entre décembre 2010 et avril 2011, durant une crise née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de la présidentielle.

L.F.