retour-des-leaders-politiques-dexil-le-protecteur-du-prix-houphouet-boigny-appele-a-passer-a-laction.jpg

L’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et le président du PDCI-RDA, Cheick Tidjane Thiam, se trouvent aujourd’hui hors de la Côte d’Ivoire.

Sur un plateau de télévision, le leader du PDCI-RDA a exprimé ses inquiétudes concernant sa sécurité physique. Il a indiqué qu’il attendait des garanties de la part du pouvoir avant d’envisager son retour afin de jouer pleinement son rôle de leader politique.

Le PDCI-RDA, principal parti de l’opposition ivoirienne, a fortement contribué à la construction de la Côte d’Ivoire moderne.

A quelques semaines des élections législatives, la présence de son président auprès des militants apparaît indispensable. Le chef de l’Etat doit permettre à l’opposition de s’exprimer librement car la vitalité démocratique de notre jeune nation en dépend. Il est aujourd’hui souhaitable de faire table rase du passé. Un dialogue politique inclusif, réunissant les principaux acteurs de la société, est plus que jamais nécessaire pour vider les contentieux politiques issus des différentes crises que le pays a connues depuis des décennies.

L’actuel président de la République se réclame de la vision du père de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny. Le choix de l’UNESCO de le désigner « protecteur du prix Félix-Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix », après le décès du président Henri Konan Bédié, témoigne de la confiance placée en sa capacité à préserver et consolider la paix et la cohésion sociale, tant en Côte d’Ivoire que dans la sous-région. Cette distinction repose également sur l’idée qu’il peut jouer un rôle de médiateur dans la résolution pacifique des conflits sur le continent.

Depuis 2020, l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, vit en exil. Pour l’image du pays, au regard des hautes fonctions qu’il a occupées, le protecteur du prix Houphouët-Boigny doit prendre des mesures susceptibles de faciliter son retour, au nom de la paix et de la stabilité politique.

 Une loi d’amnistie permettrait de mettre un terme aux multiples poursuites visant plusieurs leaders politiques.

La population aspire à la paix, au vivre-ensemble et à la cohésion sociale.

Notre loi fondamentale interdit l’exil forcé de citoyens ivoiriens.

De nombreux acteurs politiques, au fil des décennies, ont connu l’exil et en ont souvent décrit les difficultés. Aujourd’hui, alors que le président du PPA-CI a annoncé sa prochaine retraite politique, et que l’actuel chef de l’État arrive également au terme de sa carrière en raison de son âge, un geste fort d’apaisement envers l’opposition serait hautement symbolique.

L’année 2025 marque la fin d’un cycle politique. Les Ivoiriens attendent de leurs leaders un acte d’humanisme. La nouvelle génération, largement déçue par la classe politique en raison des crises successives, a besoin de retrouver confiance.

Il faut redonner envie aux jeunes de s’engager, car la politique est noble en soi. Pourtant, elle est aujourd’hui associée à la prison, à l’exil et à la mort.

Pour la postérité et pour son image, le Protecteur du prix Félix-Houphouët-Boigny, désormais l’aîné des leaders politiques ivoiriens depuis la disparition du président Henri Konan Bédié, doit créer les conditions propices à une réconciliation durable et au retour des figures politiques en exil.

Evariste Adou

Analyste politique