Rifi au Rhdp Gagnoa / « Bagnon n’est plus notre Porte-parole, il n’est plus notre interface », martèle le député Abel Djohoré
La coordination du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix est en ébullition. Son porte-parole, Joachin Djédjé Bagnon a été écarté au profit du diplomate Alcide Djédjé. Le député de Ouragahio, Abel Djohoro explique tout.
Vous êtes combien de coordonnateurs régionaux à désavouer le président Bagnon ?
On le récuse désormais en tant que porte-parole, en tant qu’interface. Nous sommes huit dans la coordination régionale. Sur huit, nous sommes sept à dire qu’il n’est plus notre interface. Et c’est pour ça qu’il veut se faire supporter par les délégués départementaux. Mais les délégués départementaux, c’est un palier, selon la préséance, en dessous des coordonnateurs. Donc ils n’ont rien avoir dans notre affaire de coordonnateurs. Pour le moment, c’est une affaire de coordination. Donc il ne parle plus au nom de la coordination. Et nous avons interpellé la direction du parti, de ne plus accorder aucun crédit à ce que Bagnon leur dira. Parce qu’il ne parle plus au nom de la coordination. Tu ne peux pas profiter de nos acquis et nous narguer. Je dis le vrai problème du Rhdp à Gagnoa, c’est Djédjé Bagnon. Ce n’est pas quelqu’un d’autre.
Et pourtant le président Djédjé Bagnon affirme qu’il a la base avec lui et que vous lui faites palabres dans un contexte de lutte de positionnement ?
Je ne vois pas ce qu’il nous apporté. Voilà quelqu’un qui dit qu’il a quarante ans de lutte politique et tu es président du Conseil régional, on ne peut même pas te voter dans ton propre village. Tu n’as même pas la caution de la jeunesse de ton propre village. Mais quand les jeunes manifestent contre le régime, c’est toujours à Kokuézo que c’est barré. C’est toujours à Kokuézo qu’on ne dépose pas les urnes. Tu es incapable de rallier à ta cause la jeunesse de ton propre village. Il y eu le référendum, Kokuézo était barré, il n’y a pas eu vote. Les dernières élections tout près-là, Kokuézo était barré. Il n’y a pas eu vote. Les différentes crises qu’il y a eu à Gagnoa ici, il n’a jamais mis pied dans une sous-préfecture pour apaiser les populations, pour appeler au calme, pour sensibiliser les jeunes. Il n’est jamais allé tenir une réunion du Rhdp dans un village. Il faut qu’on arrête tout ça. Vous trompez le président, il vous fait confiance parce que vous dites que vous avez de la contenance, c’est vous qui maitrisez le terrain. On nous frustre parce qu’on veut vous mettre devant. Mais où est la plus-value qu’ils ont apportée. On sort des élections présidentielles, ils ont ajouté quoi à ce que nous, on a fait depuis vingt ans ? Toi tu es quel homme politique ? Lui Bagnon, il a ajouté quoi ? Rien du tout. Et ils quittent là, ils vont mentir, sans moi, rien ne peut se faire ; c’est moi le baobab. Baobab ou est ? Bien au contraire. Et on parle de ça, on cherche des soutiens. Ce n’est pas une question de soutien. Sur huit coordonnateurs, s’il y a sept qui sont d’accord, c’est que c’est toi le dissident. Donc il faut te ranger. Mais il sait pourquoi, il cherche des supporteurs. Parce qu’il a un plan parallèle. Je ne cesse de le répéter, Bagnon veut faire de ses enfants les héritiers de la lutte politique nous avons menée. C’est au risque de ma vie que j’ai mené la lutte politique au Rdr hier et au Rhdp aujourd’hui. Je n’accepterai pas que l’héritage de ma lutte politique soit l’héritage des enfants de Bagnon. Mais que chacun fasse ses preuves. Le président Ouattara commence un nouveau mandat pour la troisième République, les gens lui ont suffisamment menti. Mais cette page blanche qui vient de s’ouvrir là, je ne laisserai pas le mensonge prospérer. Je dirai tout ce qui doit être dit pour qu’il soit édifié afin que quand il prend les décisions, il sache qu’elles sont justes. Dans notre affaire de coordination, ce n’est une affaire de club de soutien. La manipulation ne passera pas. Son fils Hyppolite qui se promène dans Gagnoa pour dire qu’il est candidat. En tout cas ce n’est pas pour le compte du Rhdp parce que le Rhdp n’a pas encore choisi de candidat. Toi tu es président du Conseil régional, tu veux nous imposer ton fils comme député et un tel comme sénateur. Mais ce n’est un royaume.
Pourquoi la cérémonie d’hommage au Président Alassane Ouattara après sa victoire a été avortée à Gagnoa ?
Ce n’est pas une cérémonie d’hommage au Président Alassane Ouattara. Les gens avaient projeté une fête de la victoire. Je m’y suis opposé parce qu’on ne fête pas une défaite. L’enjeu dans cette élection, c’était le taux de participation. Au nom de ce que Bagnon a posé comme acte, nous n’étions pas fiers de notre taux de participation. Moi, je n’étais pas fier. Le président a gagné grâce à certaines régions qui ont effectivement travaillé. En 2025, on va faire fête de la victoire quand on aura réglé ces problèmes. C’est pour ça qu’on les pose maintenant pour que ce soit résolu.
Selon nos investigations, la secrétaire d’État Myss Belmonde Dogo n’a pas signé cette pétition. Pourquoi ?
Non, elle n’a pas signé la pétition pour des raisons simples qu’elle fait partie de la direction du parti. Et la pétition a été adressée à la direction du parti et ça allait tomber dans sa main. Elle n’avait pas besoin de signer. Mais elle est d’accord avec toutes les démarches que nous avons menées.
Quels sont les reproches que vous faites au Président Djédjé Bagnon ?
Mais nous disons que Bagnon mène une politique parallèle. Il prêche pour sa propre paroisse. Bagnon ne fait pas les choses dans la coordination. On lui reproche de faire les choses de manière solitaire. On lui reproche sa grande propension dictatoriale à diriger les choses. Il le fait pour sa propre personne et pour ses enfants. Mais si tu veux que ton fils fasse de la politique, il doit faire ses classes. On lui reproche également d’avoir géré les dons du président de la République dans l’opacité notoire. Comment on peut réceptionner 800 millions de matériels, on ne sait à qui ils ont été destinés. Nous réclamons un audit de la gestion de ces biens. On ne sait pas ce qui lui a été donné. On ne sait pas à qui il a donné. Et cela a rejailli négativement sur notre performance au niveau des élections présidentielles. Surtout moi qui ai lutté depuis plus de vingt ans dans le Rdr, le Rhdp pour l’avènement et le maintien au pouvoir du Président Ouattara. J’ai la légitimité historique de tous les combats du Rdr au Rhdp. Bagnon veut partager l’héritage de la lutte politique à ses enfants. Bagnon n’a rien apporté au Rhdp et c’est lui qui veut déranger le système qu’il n’a pas créé. Quand on me brimait, quand on chassait ma mère de mon village, quand on mettait en quarantaine mon père dans mon village, Bagnon se la coulait douce. Il a suffisamment de biens, s’il veut donner héritage à ses enfants, qu’il les leur partage.
Hypolite Djédjé Bagnon, délégué communal, ne peut-il pas prétendre à être légitimement candidat du Rhdp aux législatives ?
Il y a des gens qui trichent avec le président, il y a des gens qui mentent au président. La nomination de tous les délégués sérieux, a été sanctionnée par la signature du président du parti. Mais les gens au détour d’une rue, on prend un papier, et on signe, et puis on dit tu es délégué communal. Je ne peux pas attester cela. Ce que le président n’a pas signé là, vraiment je ne peux pas attester.
Désigné comme président du comité électoral, vous rempilez aux législatives pour un autre mandat. A ce titre-là, on vous soupçonnerait de vouloir rejeter des candidatures gênantes.
Non. Il faut que ce soit clair. Mon rôle est de recueillir les intentions de candidatures et de les transmettre à la direction du parti. C’est elle qui entérine ou non les candidatures. A ce jour, on enregistre une vingtaine d’intentions de candidature. Même à Ouragahio, il y a une intention de candidature qui m’a été transmise. Je l’ai transmise. Moi même j’ai formulé mon intention de candidature que j’ai transmise. Je suis candidat à ma propre succession, je serai choisi et je vais gagner. Je pense que j’ai plus apporté que quiconque à Ouragahio et à Bayota.
De toute évidence, on fait face à un bicéphalisme à la direction de la coordination du Gôh, puisque le président Djédjé Bagnon refuse de céder le micro et continue de convoquer des réunions ?
Quand on parle de bicéphalisme, c’est qu’il deux camps. Mais Djédjé Bagnon est seul. Il n’y a pas de bicéphalisme, on est huit coordonnateurs, il y en a sept qui sont ensemble. C’est de quel bicéphalisme vous parlez. Non il n’y a pas de bicéphalisme à la coordination du Rhdp dans le Goh. Alcide Djédjé est désormais notre porte-parole, notre interface avec la direction du parti. Maintenant Djédjé Bagnon fait de la manipulation parce qu’il prend les moyens du parti pour entretenir quelques suiveurs. Ça ne peut pas prospérer. Parce que nous parlons de coordination. Quand tu es seul là, il n’y a plus de coordination pour toi. Nous, on est sept. Mais il n’y pas de bicéphalisme. Qu’il quitte la délinquance dans laquelle il est, et qu’il s’inscrive dans la sagesse. Il est vrai que l’âge se chiffre mais on aurait souhaité que la sagesse l’habite. Donc il n’y a pas de bicéphalisme. Nous avions interpellé la direction exécutive du parti de mettre un holà sur les agissements de ce monsieur. Pour qu’il n’y ait pas l’impression qu’il y a bicéphalisme. Quand il convoque réunion de coordination là, qui vient. Hormis certains délégués qu’il a à sa suite, aucun coordonnateur ne vient. Il y a simplement délinquance, le mot même est petit. Il y a gangstérisme. C’est un non-sens. Un individu à lui seul ne peut convoquer une réunion de coordination. C’est avec tous les coordonnateurs que ça se fait. C’est en cela nous interpellons certains délégués qui se laissent abuser par Djédjé Bagnon. Encore une fois nous interpellons la direction du parti. Malheureusement, des gens se gênent. C’est serait lui rendre service, sinon, on va venir s’asseoir devant le micro pour dénoncer. Et ce ne serait pas à son avantage.





