StarTimes forme les talents africains en Chine
L’opérateur de télévision numérique StarTimes privilégie les programmes locaux ou en langue locale pour ses abonnés africains. Les 43 chaînes qu’il a créées sont donc diffusées en anglais et français mais également en langues telles que le swahili ou l’haoussa.
Ceci a conduit le groupe de médias à établir son propre centre de traduction et de doublage dans la capitale chinoise, Pékin. Chaque année, le centre double plus de 10 000 heures de films, séries et documentaires en 11 langues.
La responsable de la division Médias de StarTimes, Lily Meng, explique que « nous avons besoin de personnel qualifié pour satisfaire nos besoins. Et pour identifier les meilleurs acteurs, nous avons décidé d’organiser des concours de doublage directement dans les pays concernés en Afrique, et de donner l’opportunité à ces talents de venir travailler en Chine. Ici, ils sont formés aux dernières technologies et à de nouveaux métiers dans un environnement international. »
C’est ainsi qu’en 2016, StarTimes a organisé son premier concours de doublage en Tanzanie. Plus d’une centaine de candidats se sont inscrits mais seuls les dix plus talentueux d’entre eux ont été sélectionnés pour venir en Chine.
Parmi eux, Happiness Stanslaus Lulikela, qui avant de participer au concours était déjà une actrice reconnue en Tanzanie. Son choix de tourner le dos à une carrière établie pour partir en Chine n’a pas été compris par ses amis. Pour Happiness, la décision fut pourtant simple. « J’avais besoin d’apprendre plus. Si je n’étais pas venue ici, je n’aurais pas pu atteindre ce but. »
Trois ans plus tard, Happiness travaille toujours pour StarTimes à Pékin. Si elle apprécie toujours de doubler des programmes, cela ne lui a rapidement plus suffi. StarTimes lui a donné l’occasion de toucher à de nouveaux métiers. « Dans notre pays, seuls les techniciens peuvent opérer les machines et faire du montage. Je n’avais eu l’occasion d’utiliser ce type d’équipements. Mais ici, StarTimes m’a formé et maintenant je peux opérer le studio toute seule. »
De plus, Happiness travaille également comme présentatrice pour la chaîne swahilie. Elle apprécie de pouvoir faire des programmes pour ses compatriotes.
Marc Jea travaillait déjà comme doubleur en Côte d’Ivoire avant de remporter un concours en 2017 face à 200 personnes.
Depuis qu’il travaille pour StarTimes à Pékin, Marc a doublé films, séries télévisées, dessins animés et documentaires. « Faire des projets différents m’a aidé à mieux comprendre mon travail et à développer mes techniques de doublage. Je suis reconnaissant envers StarTimes de m’avoir donné cette opportunité. »
Depuis 2016, StarTimes a organisé 23 concours de doublage pour le swahili, l’haoussa, le portugais, le français et le zulu dans cinq pays africains.
Chris Koffi est lui aussi Ivoirien. Mais Chris n’est pas acteur, il est commentateur sportif. Il fait partie des quatre journalistes de Côte d’Ivoire commentant le football en français sur les chaînes Sport de StarTimes.
« Nous coopérons avec notre partenaire, le club de football d’Abidjan, l’ASEC Mimosas. Ils ont leur propre radio, la RJN, » déclare Lily Meng. « Ils nous envoient leurs journalistes qui restent 4 à 5 mois à commenter pour nos chaînes. »
Chris Koffi indique que l’on « pourrait penser que commenter le football à la télé est la même chose qu’à la radio. Mais en fait, ce sont deux types de compétences bien distincts. C’était difficile au début mais nous avons été formés et ça a rapidement payé. Maintenant, je prends vraiment du plaisir à commenter pour la télévision. Et pouvoir venir en Chine, c’est l’occasion d’une vie ! »
Joëlle Zita Bola Bola ne le contredira pas. Elle est venue du Gabon pour poursuivre ses études en Chine et depuis, n’est jamais repartie. Alors qu’elle travaille comme présentatrice pour StarTimes, elle est devenue une véritable influenceuse sur les réseaux sociaux chinois où elle compte 300 000 fans. Elle a même participé au Gala du Nouvel an chinois à la télévision nationale, le programme le plus suivi de Chine.
Joëlle explique vivre à Pékin « depuis 10 ans maintenant. Les choses changent vite ici. C’est passionnant de faire partie de tout ça. Quand je suis venue en Chine, je n’aurais jamais pensé devenir une présentatrice pour le public africain. Je me sens privilégiée. »
Happiness, Marc, Chris ou Joëlle font partie des dizaines d'Africqins que le groupe de médias StarTimes a formés en Chine, leur donnant l'occasion d'évoluer professionnellement et de travailler sur des programmes à destination des populations du continent.





