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Il arrive des moments où un peuple doit revenir à l’essentiel.

Non pas à ce qui fait du bruit, non pas à ce qui agite les débats, mais à ce qui tient réellement un pays debout.

Et cette vérité est simple, accessible à tous. L’État est une continuité. Les hommes passent, la République demeure.

Un pays ne s’arrête pas parce que des hommes changent.

La Côte d’Ivoire ne s’arrête pas parce que des fonctions évoluent.

La République est plus forte que les individus.

L’État n’est pas une personne.

Ce n’est ni un nom, ni un poste, ni une position passagère.

L’État, ce sont des institutions qui fonctionnent chaque matin.

Ce sont des écoles qui ouvrent leurs portes, des hôpitaux qui soignent, une administration qui continue son travail, même lorsque les projecteurs sont éteints.

C’est cela, la véritable force d’un pays.

Servir l’État, ce n’est pas parler fort.

Servir l’État, ce n’est pas se montrer.

Servir l’État, c’est faire ce qu’il faut, au bon moment, souvent dans le silence et la discrétion.

Dans une Nation solide, les changements ne doivent pas faire peur.

Ils sont normaux.

Ils sont nécessaires.

Ce qui compte, c’est que le pays reste stable, que la paix soit préservée et que les règles soient respectées.

Lorsque les institutions tiennent, le peuple est rassuré.

L’histoire nous enseigne une leçon claire et constante.

Chaque fois que des hommes confondent leurs intérêts personnels avec ceux de l’État, ce sont les peuples qui paient le prix. Les institutions s’affaiblissent, la confiance se fissure et les nations souffrent durablement.

Mais lorsque les responsables comprennent que leur passage est temporaire, que le pouvoir n’est qu’une mission et non une propriété, et que la République est permanente, alors l’ordre s’installe, la stabilité s’enracine et le pays avance avec sérénité.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a besoin de calme, de sérieux et de responsabilité.

Elle n’a pas besoin de tensions inutiles ni de paroles excessives.

Elle a besoin d’acteurs publics conscients que la stabilité est une richesse, que la paix est fragile et que l’avenir se construit dans l’ordre et la discipline.

Les générations passent.

Les dirigeants changent.

Les fonctions évoluent.

Mais la République demeure, parce qu’elle appartient à tout le peuple ivoirien et à personne en particulier.

Servir l’État, c’est accepter cette vérité avec humilité.

C’est comprendre que l’honneur ne réside pas dans la durée d’un poste, mais dans la qualité du service rendu au pays.

La Côte d’Ivoire se construit dans la continuité, pas dans l’agitation.

Le pouvoir passe, mais l’État demeure lorsque les institutions sont respectées.

Servir la République aujourd’hui, c’est protéger la paix, l’ordre et l’avenir des générations à venir.

Fait, le 8 janvier 2026

Yaya Fofana

Président du MFA