Tuerie des femmes d’Abobo / Simone Gbagbo : « J’ai des doutes, Je veux voir les corps »
Le procès pour « crimes contre l’humanité, crimes de sang et crimes de guerre » de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire était à son deuxième jour, ce mercredi. Simone Gbagbo a dénoncé un procès politique et avant d’affirmer avoir été victime d’une « tentative de viol » lors de son arrestation en 2011.
« Monsieur le président, je suis devant cette Cour par la volonté du pouvoir et pour des crimes que je n’ai pas commis. On m’accuse de faits qui ne sont pas établis et pour lesquels on affirme mon implication directe », a-t-elle lancé.
Sa déposition a duré environ deux heures au palais de justice d’Abidjan-Plateau, où elle a été entendue au cours de ce deuxième jour de procès. Ainsi, sur la tuerie des femmes d’Abobo, dont elle est accusée, la prévenue n’a pas trouvé d’autres subterfuges que d’émetter des réserves sur la véracité de ce fait. Une attitude considérée par des victimes et leurs parents comme de la moquerie. « Ça peut exister, j’ai des doutes. Je veux voir les corps, je veux voir les certificats de morts, de blessés », a-t-elle exigé auprès de la Cour. L’ex-Première dame a décidé de narguer les victimes et de les tourner en dérision, devant la douleur encore vive. Même leur mémoire qu’elle a salué d’entrée de prise de parole, n’a pas été trouvée sincère.
Dans la foulée, l’époux de Laurent Gbagbo va jusqu’à se présenter comme une victime qui a échappé à « des viols lors de son incarcération au Golf Hôtel, quartier général de son adversaire politique Alassane Ouattara et qui proteste contre la violation de son immunité parlementaire au moment de son arrestation ».
Par ailleurs, Simone Gbagbo a indiqué également qu’elle n’a donné d’ordre à personne d’ériger des barrages. Toutefois reconnaissant que, « quelqu’un érige des barrages lorsqu’il se sent en insécurité ».
Pour le reste, il n’y avait pas grand-chose à attendre de l’accusée qui n’a fait que ressasser la litanie habituelle des pro-Gbagbo contre la France et son président d’alors. Ainsi qu’à accuser le président Alassane Ouattara d’avoir braqué la présidentielle de 2010.
Mme Gbagbo comparaît pour faits de « crimes contre l’humanité », « crimes contre les prisonniers de guerre » et « crimes contre les populations civiles » lors de la crise postélectorale de 2010-2011. L’ex-Première dame avait été condamnée à 20 ans de prison, le 10 mars 2015, pour complot contre l’autorité de l’Etat, participation à un mouvement insurrectionnel et troubles à l’ordre public.
A.K.





