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Des tirs à l'arme lourde étaient entendus, ce vendredi à Bouaké à proximité du plus grand camp militaire de la deuxième ville du pays. « C'est une mutinerie des ex-combattants intégrés dans l'armée qui réclament des primes de 5 millions FCFA plus une maison chacun », a expliqué un militaire sous couvert d'anonymat. Les militaires ont attaqué au moins deux commissariats et dressé des barricades au centre-ville, coupant toute circulation. Ils ont pris position à divers carrefours stratégiques et circulaient dans des véhicules de la police. « C'est vers 3 heures du matin que des militaires sont arrivés au commissariat du 1er arrondissement situé au quartier Sokoura où ils ont désarmé les policiers présents et emporté des kalachnikov », a indiqué un responsable de la police locale sous couvert d'anonymat. « J'ai eu vraiment peur. J'ai cru qu'ils allaient venir dans ma station pour se servir gratuitement du carburant comme ils le font d'habitude en pareille circonstance », a confié un pompiste qui exerce la nuit dans une station service non loin du 3e bataillon militaire. Ecoles et commerces étaient tous fermés à Bouaké, ancienne capitale de la rébellion qui contrôlait le nord du pays lorsqu'il était coupé en deux entre 2002 et 2011. Cette rébellion était favorable à l'actuel président Alassane Ouattara, alors que le sud du pays était tenu par les forces loyales à l'ex-président Laurent Gbagbo. En novembre 2014, une vague de protestation de soldats partie de Bouaké s'était étendue à Abidjan, la capitale économique et d'autres villes du pays. Le quartier-maître Siaka Ouattara, porte-parole des militaires, avait alors présenté le non-paiement des « arriérés de soldes de 2009-2011 et de 2011-2014 des ex-combattants intégrés dans l'armée » comme principal motif de leur mécontentement, rejetant toute « politisation » du mouvement. Selon plusieurs sources sécuritaires, d'anciens éléments rebelles, intégrés en 2009 dans les forces de sécurité nationales à la suite de l'accord de paix de Ouagadougou signé en 2007, étaient à l'origine du mouvement.

Info S.B.