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ACTIVITÉ NÉFASTE. Henri Konan Bédié a eu tort d'avoir eu trop tôt raison. En juin 2019, l'ancien président de la république tirait la sonnette d'alarme sur l'orpaillage illégal.

Son diagnostic était simple. Cette activité s'avère néfaste pour le pays et devait être combattue par l'État. Non seulement, affirmait-il, elle est menée majoritairement par des étrangers armés et stationnés dans beaucoup de villages avec le risque accru d'insécurité et de conflits intercommunautaires, mais, ajoutait-il, elle impacte négativement l'écosystème, entraînant la pollution des nappes phréatiques et de la plupart des cours d'eau.

Le gouvernement et le RHDP sont tombés à bras raccourcis sur le messager. Brocardé, Bédié a été accusé d'ivoirité et de xénophobie, pour noyer le poisson de l'incurie.

Le message a, pourtant, survécu. Et l'État sort de la politique de l'autruche pour prendre le taureau par les cornes. Les derniers affrontements, dans le village de Kouégo, près de Séguéla (chef-lieu de la région du Worodougou), entre orpailleurs illégaux et forces de l'ordre, illustrent le niveau inquiétant du danger.

Bédié avait trop tôt pris toute la mesure de la situation pour lancer l'alerte. Mais dans un climat d'hostilité savamment orchestré, il avait été voué aux gémonies avant de prendre maintenant sa revanche.

Une contribution de F. Bally Maurice

Nb : le titre est de la rédaction