Malgré une décision de justice autorisant la liquidation de l'entreprise de téléphonie Comium, fermée en 2016, les travailleurs continuent de courir après le paiement de leurs droits sociaux.
Qui a intérêt à ce que les travailleurs de l'entreprise Comium fermée en 2016, ne rentrent pas en possession de leurs droits de liquidation, malgré plusieurs décisions de justice rendues en leur faveur ? La question mérite en effet d'être posée à juste titre, au regard des revirements de situations dans cette affaire devant les tribunaux depuis plus de 4 ans. Le dernier revirement en date, est bien celui de la décision de la Cour de cassation. Qui, contre toute attente vient de rendre un arrêt qui annule l'ordonnance N°010 de la Cour suprême du 22 janvier 2019 autorisant la vente du siège de l’entreprise en vue de la liquidation des droits sociaux des travailleurs déjà. « La Chambre civile et commerciale de la Cour de cassation (…) casse les arrêts N° 281 et 284 rendus les 22 et 29 décembre 2017 par la Cour d’appel d’Abidjan et renvoie la cause et les parties devant la Cour autrement composée (…) », lit-on en substance dans l’arrêt rendu au grand désarroi des ex-travailleurs de l’entreprise de télécommunication. Qui ne sachant plus à quel sein se vouer « lancent un appel à toutes les personnalités de bonne volonté qui peuvent faire diligence dans cette affaire pour que justice soit faite ». Aussi dénoncent-ils « la légèreté des motifs évoqués par la Cour de cassation pour casser une décision rendu en leur faveur depuis 2019 ». « Pour nous, déplore un ex-travailleur, la Cour fait du dilatoire. Les arguments avancés pour ramener ce procès qui dure plus de quatre ans, à la case départ, ne tiennent pas la route. Selon la Cour de cassation, la notification de la décision de la Cour suprême ordonnant la liquidation du siège de l'entreprise a été faite de façon irrégulière car elle n’a pas été faite directement à l’administrateur de l’entreprise Comium. Alors que la décision a été bel et bien notifiée à son assistant. Pour nous, un assistant est censé rendre compte de la réception d'un document administratif et de surcroît de justice adressé à son patron. La Cour n'a pas dit le droit », s'offusque un ex-travailleur. « Nous sommes à la rue depuis plus de quatre ans, dénonce une autre ex-employée. La situation est intenable. Certains parmi nous ont réussi à s’intégrer mais ce n’est pas évident pour tout le monde. Dans le désespoir, les ex-travailleurs de Comium meurent à petit feu. Nous avons déjà perdu 11 de nos anciens collègues sans leurs droits. Il faut qu’on sorte de ces procès à n’en point finir. Nous avons donné des années de notre vie à cette entreprise. Nous ne méritons pas un tel traitement ». Le montant global des droits à payer aux 317 travailleurs s’élèvent à environs 5 milliards des Francs Cfa.
Abou Adams