Le préfet du département de Fresco, Traoré Amadou, a annoncé, le mardi 8 septembre 2026, à la salle de délibérations de l’hôtel de ville, que le corps préfectoral a été mis en mission pour mettre fin à l’orpaillage illégal dans leurs localités respectives dans un délai de six mois. S’exprimant lors d’une réunion d’information et de sensibilisation des populations sur les dangers liés à ce fléau, Traoré Amadou a appelé à une mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux, notamment les élus, les directeurs régionaux, les chefs de service, les forces de défense et de sécurité, les chefs traditionnels et guides religieux, les jeunes, les femmes.
« Nous étions récemment à un séminaire à Yamoussoukro. Nous avons tous été mis en mission afin de mettre fin à l’orpaillage illégal dans chaque localité, dans un délai de six mois », a-t-il renseigné, précisant qu’au terme de cette période, chaque région fera l’objet d’une évaluation et que des mesures rigoureuses seront prises en cas de complicités récurrentes.
Pour le préfet de la cité de la paix, la lutte contre l’orpaillage illégal doit reposer sur une approche collective et une véritable implication des acteurs locaux. Il a insisté sur la nécessité de rompre avec une gestion exclusivement verticale du phénomène et de privilégier désormais des interventions coordonnées au niveau local, sous l’autorité des préfets et en collaboration avec les populations. Aussi, a-t-il appelé à rechercher les véritables bénéficiaires de l’exploitation clandestine de l’or, au-delà des seuls orpailleurs, chefs de village ou propriétaires terriens. Il a informé son auditoire que des initiatives suivront en vue de sillonner toute la localité afin d’identifier d’éventuels sites d’orpaillage clandestin.
Se réjouissant de ce que Fresco ne connaît pas pour le moment la pratique de l’orpaillage illégal, l’administrateur civil est décidé à jouer franchement et à fond, sa partition dans la traque des orpailleurs illégaux dans sa circonscription. Le préfet Traoré Amadou a annoncé une méthode de « Tolérance zéro » et appelé à signaler toutes les complicités liées à l’orpaillage illégal, dénonçant l’incivisme à la base de la généralisation du phénomène.
« Malheureusement, les villes de Sassandra et Grand-Lahou tout près de nous ont connu ce phénomène. Et donc, il nous appartient d’être vigilant les uns les autres. Je voudrais surtout saluer la résilience de nos chefs de Fresco qui n’ont pas voulu se laisser prendre aux pièges de l’orpaillage illégal », a-t-il affirmé, appelant à renforcer la moralité dans la vie publique.
Dans le cadre de cette mission, l’autorité préfectorale a encouragé ses proches collaborateurs et les chefs de villages à signaler tout fait ou activité suspecte susceptible d’être liée à l’orpaillage clandestin.
« Il ne s’agit plus de couvrir qui que ce soit. Il y a des personnes qui ont couvert des personnes par le passé dans d’autres localités. J’interpelle ces personnes à revoir leur copie et qu’elles s’alignent sur les mesures édictées par le gouvernement pour que la lutte soit plus efficace sur le terrain. On ne va pas accepter que ce qui va nuire à notre région, arrive sur nos terres et qu’on ne puisse pas faire barrage », a-t-il insisté, appelant également les forces de défense et de sécurité à poursuivre leurs actions de surveillance des terres.
La directrice régionale des mines et de la géologie de San-Pedro, Cécile Koffi Ama a levé un coin de voile sur les causes, les conséquences, les moyens de lutte et des recommandations à travers une projection riche en enseignements face au phénomène qui jusque-là, heureusement n’est pas pratiqué dans le département de Fresco.
B.V.
Correspondant régional