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La Côte d’Ivoire veut donner un nouveau souffle à sa filière karité. A l’ouverture de la campagne de commercialisation 2026-2027, ce vendredi 14 août 2026, le président du Conseil d’administration du Conseil Coton Anacarde Karité, Jérôme Ehui, a affiché une ambition claire : mieux organiser la filière, sécuriser les revenus ruraux et surtout faire du karité un véritable levier de création de richesse.

« Le Karité constitue une ressource éminemment stratégique pour la Côte d’Ivoire », a-t-il martelé. Derrière cette ressource se joue en effet une bataille économique et sociale. La filière représente une source de revenus essentielle pour les populations rurales, notamment pour les femmes qui assurent la collecte des amandes. Pour Jérôme Ehui, son développement doit ainsi participer directement à la lutte contre la pauvreté.

Depuis que le gouvernement a confié, en avril 2025, la gestion de la filière au Conseil Coton Anacarde Karité, les premières mesures de régulation ont été engagées. Identification des acteurs, traçabilité des opérations et préparation d’une réforme globale : l’objectif est désormais de sortir progressivement d’une filière encore largement sous-structurée.

Les premiers chiffres donnent une idée du potentiel. Pour la campagne 2025-2026, 168 acheteurs, 21 unités de transformation et 32 exportateurs ont été recensés. Quelque 51 697 tonnes d’amandes ont intégré le circuit formel et ont été orientées vers la transformation locale. Dans le même temps, 14 078 tonnes de beurre de karité ont été exportées vers 13 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique.

Pour la nouvelle campagne, ouverte officiellement le 14 août 2026, le prix minimum bord champ est maintenu à 250 FCFA/kg, contre 275 FCFA/kg au magasin intérieur de l’acheteur et 305 FCFA/kg au magasin usine. Les achats sont réservés aux unités de transformation jusqu’à nouvel ordre, tandis que les transferts vers les usines débuteront le 17 août. L’exportation des noix et amandes par voie terrestre est, elle, interdite.

Pour Jérôme Ehui, l’enjeu dépasse les simples règles commerciales : il s’agit de bâtir une filière « mieux organisée, plus compétitive et davantage créatrice de valeur et de richesse ». Un défi économique majeur pour les zones rurales et pour la Côte d’Ivoire.

A en croire Konaté Issa, directeur général adjoint du conseil, d’importantes innovations ont été introduites notamment avec l’organisation de 6 ateliers dans les régions productrices pour sensibiliser les acteurs pour une meilleure qualité et les encourager à aller à la seconde transformation pour augmenter la valeur ajoutée. Les mesures ont dont été prises pour assurer le respect des prix fixés et notamment protéger les transformateurs locaux.

A.K.