Depuis le 25 octobre dernier, le président Alassane Ouattara vient d\'être brillamment réélu pour son deuxième mandat à la  de la Côte d’Ivoire. Cette brillante élection historique est due à la coalition RHDP et de la société civile. C\'est l\'occasion de remercier vivement les fils et filles du président Houphouët-Boigny qui, en scellant ce pacte, ont compris que seule l\'union fait la force en politiques.

 

C\'est aussi le moment de remercier le comité scientifique pour la candidature unique au sein du RHDP que j\'ai eu l\'honneur de diriger de 2007 à 2011 dans des conditions difficiles. Cette union est la preuve que les enfants de Houphouët-Boigny ont privilégié les intérêts de la Côte d’Ivoire aux intérêts personnels en se mettant derrière le candidat le mieux placé. L\'esprit et l\'ambiance qui ont régné pendant la précampagne et pendant la campagne était la preuve que les enfants d\'Houphouët voulaient faire revenir la Côte d’Ivoire de leur père.

 

Et tout ceci, autour du programme de leur candidat qui est la source principale de leur motivation. En politique, pendant le premier mandat, on est motivé à travailler pour le renouvellement de son second mandat. Mais les hommes étant les hommes, quand on est dans la situation que l\'on appelle le dernier mandat, si l\'on n’a pas une grande vision pour le futur et si l\'atmosphère autour de soi est préoccupée par votre succession, il y a une démotivation qui rentre dans l\'immobilisme. Car, humainement parlant, quand l\'on sait que dans quelques mois, voire quelques années, l\'on doit quitter la scène politique avec tous les honneurs et les avantages que l\'on avait, la volonté de partir commence à poser problème. C\'est ce qui est la cause de tripatouillages de Constitutions dans certains pays du continent. Parce que, l\'occupation du couple présidentiel, après son dernier mandat, se pose.

 

C\'est pour cela, comme nous sommes à l\'orée du changement de certains passages de notre Constitution, il est souhaitable de rechercher des formules incitatives n\'excluant pas les anciens présidents de la scène politique. Pour un Chef d\'État qui aura bien terminé son dernier mandat en accomplissant son programme et en laissant un pays en paix, après une élection crédible pour sa succession, il est souhaitable de lui discerner un prix  à l’instar du prix Mo Ibrahim, suivi d\'une occupation continuelle, pour que le regret des avantages qu\'il avait au cours de son mandat ne soit pas un obstacle à son départ.En France, par exemple, les anciens chefs d\'État continue de participer à la vie de la Nation en veillant au du Conseil d\'État sur la constitutionnalité des règles de droit adoptées par l\'Assemblée nationale ou en tranchant au regard des textes et des principes de la République, des litiges majeurs qui engagent la Nation toute entière. Ils sont parfois consultés pour des questions qui engagent l\'avenir de la République, comme ce fut le cas récemment pour Nicolas Sarkozy lors des dernières attaques de Paris.

 

Pour les plus valeureux, la cerise sur le gâteau est l\'entrée au panthéon qui les consacre pour l\'immortalité. Même si à ce niveau, nous devons réfléchir sur la manière de faire pendant qu’ils sont encore en vie.  Aux États-Unis, un ancien président bénéficie jusqu\'à sa mort des avantages et privilèges qui lui permettent de continuer à vivre dans les honneurs et dans la dignité. Certains, comme le président Jimmy Carter, créent des fondations pour continuer d’influer sur la démocratie et du respect des droits de l\'homme à travers le monde. Tandis que d\'autres comme Bill Clinton sont sollicités comme missi dominicipartout où besoin se fait sentir, pour apporter son expérience politique et diplomatique dans la résolution de certains conflits internationaux. Dans le cadre du RHDP, pour l\'accomplissement du programme de notre mentor, la première condition est d\'éviter les querelles inutiles de succession autour de lui. Il est vrai que toutes les ambitions sont légitimes.Aussi, chaque chose en son temps.Et celui actuel dans lequel nous sommes, doit être consacré notre belle victoire et à mettre en oeuvre ce programme pour lequel nous l\'avons hissé au poste de la magistrature suprême.

 

En le faisant, on aidera ainsi son succession dans sa future élection. Par contre, être déjà préoccupé à une guerre de succession, contribuerait à l\'isoler face à son programme, voire même à l\'écarter moralement pendant qu\'il y est. Ceci pourrait provoquer cet immobilisme  qu’on cache le plus souvent derrière la fameuse phrase: « Je n\'ai plus rien à prouver ». Alors, mettons nous tous au travail dans l\'application du programme de notre président en le rassurant que même après son mandat, il sera toujours notre mentor. Evitons de tomber dans le syndrome du jeune couple qui, pendant plusieurs années,a fini par trouver la femme idéale. Mais qui, après toutes les formalités administratives et religieuses, au cours de son premier séjour avec sa femme dans sa maison, pense à un second mariage, sans savourer le présent. Nous avons cherché à renouveler le mandat de notre président. Nous l’avons brillamment réussi. Savourons le présent, le futur viendra tout seul.

Paulin Allomo

Ancien député de Bouaflé