A l’occasion de sa rentrée politique à Daoukro, Marchal Balou, président du Réseau d’Entraide Militant (REM), a lancé un appel à la réconciliation interne au sein du PDCI-RDA. Il propose la mise en place de cadres de discussions régionaux et d’un conclave de haut niveau pour apaiser les tensions et renforcer la cohésion du parti. Daoukro, ville natale de l’ancien président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, a servi de théâtre à un appel à la réconciliation et au renouveau politique. 

Lors de la rentrée politique du Réseau d’Entraide Militant (REM), Marchal Balou a exhorté les responsables et les militants du parti à renouer avec le dialogue, l’écoute et le respect mutuel. Pour le président du REM, ce choix n’est pas anodin. Il s’agit de perpétuer l’héritage politique de Félix Houphouët-Boigny et d’Henri Konan Bédié, fondé notamment sur la paix, l’unité et le rassemblement. « On ne reconquiert pas la confiance des Ivoiriens en s’éloignant de ses propres militants », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de rapprocher la direction du parti de sa base. 

Marchal Balou a déploré l’érosion de l’ancrage électoral du PDCI-RDA dans certains de ses bastions historiques. Selon lui, cette situation devrait conduire à une remise en question des pratiques internes plutôt qu’à la recherche de responsables à incriminer. Il a notamment plaidé pour une meilleure prise en compte des préoccupations des militants, estimant que ces derniers ne doivent pas être considérés comme de simples soutiens chargés d’applaudir les décisions de la direction. 

« Un militant est une voix. Et cette voix doit pouvoir être entendue », a-t-il martelé. Le responsable du REM est également revenu sur les controverses entourant la démarche d’affiliation de son organisation. Tout en appelant à la clarification des procédures et des règles, il a regretté que cette initiative suscite des oppositions persistantes. Il assure que sa démarche vise à contribuer au rassemblement et non à diviser la famille politique. 

Pour traduire cet appel en actes, Marchal Balou a proposé la création de cadres de discussions militants dans les différentes régions. Ces espaces devraient permettre aux cadres et aux militants d’exprimer leurs désaccords, d’examiner les difficultés liées au fonctionnement du parti et de rechercher des solutions concertées. Il a également annoncé la proposition d’un conclave de haut niveau destiné à rapprocher les positions et à examiner les réformes nécessaires. 

La désignation des candidats aux prochaines échéances électorales figure aussi parmi les sujets qu’il estime devoir être discutés dans un cadre organisé et transparent. Il a appelé à privilégier la concertation plutôt que l’affrontement, et l’écoute plutôt que la sanction. Pour Marchal Balou, la capacité du parti à traiter ses propres divergences constitue un enjeu majeur pour sa crédibilité auprès des Ivoiriens.

« Le débat n’est pas une menace pour l’unité », a-t-il soutenu, estimant qu’il peut, au contraire, contribuer à la renforcer lorsqu’il est conduit dans le respect. Depuis Daoukro, son message se veut donc un appel à la responsabilité collective : renouer le dialogue, restaurer la confiance et préserver un héritage politique qu’il souhaite voir évoluer sans perdre ses valeurs fondatrices.

A.K.