C'est l'arnaque la plus chère du pays. On achète un terrain avec une "attestation", on construit, puis un jour, quelqu'un vient avec le vrai papier. Et tout s'effondre. Dans son rappel pédagogique, Allomo Kouassi, acteur du développement communautaire et foncier, remet les pendules à l'heure. Et il a raison de le faire. Premièrement, l'Attestation de propriété coutumière (APC), est une reconnaissance, pas un titre. C'est le papier du village. Il dit que la famille vous reconnaît. Mais devant la loi, il ne vous rend pas propriétaire définitif. C'est juste le point de départ. Après, le Certificat foncier rural (CFR), le passage obligé.
C'est l'État qui vient enquêter, qui constate les droits coutumiers et qui les officialise. Sans lui, pas de suite possible. C'est la porte d'entrée vers la sécurité. Troisièmement, le Titre foncier rural (TFR), le seul vrai bouclier. C'est lui le patron. Immatriculé, inscrit au livre foncier, inattaquable. C'est le seul qui consacre la propriété privée avec une sécurité juridique totale. Le reste, c'est du provisoire. Le message est clair, et il interpelle tout le monde. Aux administrés, l'expert rappelle qu'il faut arrêter d'acheter dans la précipitation. Avant de sortir l'argent, il faut vérifier l'authenticité des documents, qui vend vraiment et quelle est la situation juridique de la parcelle. Le foncier rural n'est pas le foncier urbain. Les règles de cession et d'éligibilité de l'acquéreur sont strictes. Un terrain moins cher sans papier, c'est un procès qui vous attend demain. La vulgarisation doit quitter les bureaux d'Abidjan. C'est dans les villages, dans le Haut-Sassandra, dans le Gbêkê, dans le Cavally que l'information doit arriver. Tant que le citoyen confondra attestation et titre foncier, les conflits, les déguerpissements et les morts pour un lopin de terre continueront. Sécuriser son terrain aujourd'hui, ce n'est pas de la paperasse. C'est protéger son patrimoine, c'est protéger sa famille. Et retenons-le une fois pour toutes : « seul le Titre foncier fait de vous un propriétaire ».
A.C.