Le poste de président d’une institution de la République relève d’une nomination effectuée par le président de la République, à sa discrétion, au regard notamment du profil, de l’expérience professionnelle et du parcours politique de la personnalité appelée à exercer cette responsabilité.
Depuis plusieurs décennies, un constat semble toutefois se dessiner dans la nomination des présidents de certaines Institutions de la République. C’est notamment le cas du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), où plusieurs hautes personnalités issues du PDCI-RDA se sont succédé à la présidence.
Sous la gouvernance du président Laurent Gbagbo, Laurent Dona Fologo a occupé la présidence du CESEC.
Sous la présidence d’Alassane Ouattara, trois hautes personnalités issues du PDCI-RDA ont successivement dirigé cette Institution, Marcel Zadi Kessy, Charles Diby Koffi et, actuellement, Dr Eugène Aka Aouélé.
Cette succession de personnalités issues d’une même formation politique peut-elle être considérée comme une simple coïncidence ? Répond-elle plutôt à une stratégie politique, à une logique d’équilibre des sensibilités ou à une forme de géo-politique interne dont les différents chefs de l’Etat tiennent compte dans leurs choix ?
La question mérite d’être posée, sans pour autant préjuger des motivations réelles qui sous-tendent ces nominations.
Un constat similaire peut être fait concernant la fonction de Médiateur de la République. Depuis l’accession au pouvoir du Président Alassane Ouattara, trois personnalités originaires du nord ont successivement occupé cette fonction, N’golo Coulibaly, Adama Toungara et, actuellement, Gaoussou Touré.
Dès lors, une interrogation se pose, ces choix successifs traduisent-ils une volonté de maintenir un certain équilibre politique, régional et institutionnel dans la gouvernance du pays ? S’inscrivent-ils dans une logique de représentation des différentes sensibilités nationales ? Ou relèvent-ils simplement du choix souverain du président de la République, fondé sur les profils et les compétences des personnalités retenues ?
Au-delà des appartenances politiques ou régionales des personnalités nommées, ces observations invitent à une réflexion plus large sur les critères qui président à la désignation des responsables des grandes Institutions de la République.
La question reste donc ouverte, que faut-il retenir de ces nominations successives à la tête du CESEC et de la Médiature de la République ? Une logique de compétence, un équilibre des sensibilités, une stratégie politique ou une combinaison de plusieurs facteurs ?
Le débat mérite d’être posé publiquement, dans le respect des faits et avec suffisamment de recul pour distinguer les constats vérifiables des interprétations politiques.
Adou Evariste
Analyste politique